
Dans cet article, il ne finit pas de s'étonner des 7 Tgv que Wade a promis au Sénégal, dans 4 ans, alors que des urgences beaucoup plus importantes foisonnent chez nous : inflation des prix des denrées de premières nécessités, crise énergétique, menace de famine...
« Il faudra s'y faire. Nous avons élu un homme qui ne s'appartient plus. Le grand-père sympa que les Sénégalais accueillaient tous les soirs dans leurs foyers est devenu son propre fantôme. Très amoureux de lui-même, il ne peut plus s'entendre parler, il ne peut plus se regarder agir. C'est toute sa souffrance. Comprenez-le donc, quand Abdoulaye Wade se prive de parole, c'est contre lui-même ».

Il s'ajoute à cela, évidemment, une réalité cruelle qu'il vaut mieux ne pas évoquer. Le Sénégal est comme il est. Le président s'envole, les prix s'envolent. On a beau être poseur de compresses, la blessure est là, visible. Ceux qui espéraient un mot de lui attendaient de ces vacances de plus d'un mois des débuts de solution à la flambée des prix et à la famine qui guette. Mais il n'y en a pas, de remède miracle ». Revenant à l'actualité brûlante, Jules Diop déclare : « Il s'est, donc, rattrapé à Touba. Il y a la solennité des lieux, et il sait qu'il peut en tirer sans pudeur, le crédit qui lui manque, pour dire ce qu'il veut.
Il y a un an, le vendredi 11 août 2006 précisément, c'est Touba qu'il avait choisi, pour annoncer une usine de production d'éthanol, qui doit « remplacer le gasoil », après avoir promis de faire du Sénégal « le plus grand exportateur de pétrole ». Ça ne le dérange jamais de dire de telles énormités, et de prendre tout de suite après la direction de la mosquée. Faire une telle annonce, dans une ville qui n'a pas la moindre infrastructure sanitaire pour faire face au choléra, dans le département le plus pauvre du Sénégal, est en soi une insulte... Il sait comment venir à bout des promesses : en faisant de nouvelles promesses.


La croissance a baissé de moitié, l'inflation monte, la dette intérieure s'accumule, la famine menace le monde rural, grâce au génie étincelant de cet homme. Le monde entier s'inspire de lui et de ses réalisations, et il le doit, de ses propres aveux, au culte du travail trouvé dans le mouridisme. Aller faire une telle déclaration à Touba, après un mois de vacances prolongées en Suisse n'est rien d'autre que de la provocation. Mais il pense qu'il lui suffit de se proclamer travailleur, pour en donner l'impression. Il a toujours pensé que la parole vaut l'acte, que le croire, c'est le voir. C'est la doctrine machiavélique -et non mouride- avec laquelle il a gouverné jusqu'ici : « faire croire », « faire semblant ».
Il n'a jamais soumis ses propres actions à la morale qui fonde le mouridisme. On ne peut pas s'inscrire dans un ordre moral aussi rigoureux, et se sentir à l'aise dans le m..., ne jamais se soucier de ses moindres engagements.
Abdoulaye Wade ne mesure peut-être pas la gravité de sa déclaration, quand il promet 7 Tgv dans 4 ans, et assure que parce que Dieu exauce les vœux de Serigne Saliou, il aura ses rails et ses trains « par miracle ». Une telle propension à passer à côté de la réalité est maladive, mais il aurait pu s'éviter de tels raccourcis, en convoquant une figure religieuse pour fuir honteusement les vrais problèmes des Sénégalais... »
Source: L'actuel
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