Femmes Senegalaises: des seductrices qui ont plus d'un tour dans leur sac

Il est bien révolu le temps des « bine- bine » et autres « dial diali ». Les femmes ont trouvé l’alternative. Des bijoux simples, feutrés et qui font moins d’éclat que le «kesseng kesseng» ou encore le «Fiiiiiir fiiiiiir» des ceintures de perles. Une chaînette en or, en argent ou tout simplement en métal autour des reins ou de la cheville. Une culture bien occidentale mais qui a fini de prendre ses marques dans nos mœurs «sunugaliennes».

À l’avenue Lamine Guèye, en plein cœur de Dakar, on se croirait dans une fourmilière humaine. Tellement la ville est grouillante de monde. Les voitures vont et viennent dans une cacophonie indescriptible. Une atmosphère qui tranche d’avec le calme presque olympien qui règne à l’intérieur de la bijouterie «La parure d’or».

Montres, bracelets et bagues cohabitent aisément avec les chaînes, les gourmettes et les boucles d’oreilles en or et en argent. Dans un décor enchanteur qui laisse deviner qu’ici, les bijoux ne sont pas à la portée de toutes les bourses.

Eh oui, s’acheter une chaînette pour les reins se révèle être un véritable luxe, vu le prix: 200 000 Fcfa pour celle en or et 35.000 à 40.000 Fcfa pour celle en argent ! «Tout dépend du grammage et de la qualité du métal souhaité» nous explique Khadim Thiam, l’un des gérants. Et pour ces dames qui voudraient ajouter un soupçon d’élégance tout en restant classe à leur cheville, une petite chevillière de 35.000 Fcfa en or ferait bien l’affaire. Ou si vous êtes un tant soit peu «économe» pour ne pas dire radine, il faudra marchander jusqu’à 15.000 Fcfa pour vous payer une chevillière en argent à «La parure d’or». Et pour celles qui n’en ont pas les moyens mais qui désirent vaille que vaille rester dans l’air du temps, vous pouvez vous offrir une chaînette en métal pour la modique somme de 500 ou 1.000 Fcfa auprès des marchands ambulants qui foisonnent aux abords du marché Sandaga.

Pour une clientèle constituée à majorité de femmes, les gérants de la bijouterie ne se plaignent pas. Les hommes très friands de belles choses et experts en la matière pour admirer les tailles des belles nymphes ne se sont pas de bons clients pour ce genre d’accessoires. Laissant plutôt le soin aux femmes de dénicher et de leur proposer ces «petites choses très insignifiantes mais bien plaisantes à regarder. Et c’est ce qu’a compris Fanta, une jeune « biche » qu’on juge à la fleur de l’âge. Sans chichi, elle commence : « les chaînettes pour les reins et les chevillières, j’en ai en abondance. Mais comme je ne suis qu’une élève, je me limite à celle de 500 ou 1.000Fcfa». Très poussée à suivre la tendance, elle argue qu’elle les met par désir de séduire et d’attirer les regards.

Iba, peu enclin à offrir ce genre de cadeaux à sa bien- aimée, prend bien du plaisir en reluquant une belle taille bien mise en évidence par une chaînette. Le « jean » taille basse ne constituant en rien une censure qui gâcherait le spectacle. Bien au contraire!!!! En «observateur» avisé, Iba, visiblement très au fait du sujet, nous narre : «C’est un plaisir pour les yeux de regarder une belle nymphe dandiner avec une chaînette autour des reins. Un véritable délice pour mes yeux. Ce qui me tue c’est le «rèer ak féèñ» (mouvement sinusoîdal), c’est-à-dire quand elle apparaît pour disparaître aussitôt. Humm! Vous ne pouvez pas savoir comme j’en raffole» dit-il presque en extase. Chaînette ou chevillière, qu’importe l’appellation ou la partie qu’elles enjolivent, elles trouveront preneurs. Amadou, étudiant, les juge plein de «feeling» et de «thiathie». Chacun y va de sa répartie et de son argumentaire. «Cela fait très glamour, une fille qui met une chaînette à sa cheville.

Cela lui confère un aspect branché même si les conservateurs assimilent cela à un mimétisme pervers car on les étiquette parfois comme étant des filles de nuit», discourt Amadou. Un avis que ne partage pas Pathé, un électricien, très à cheval sur les valeurs traditionnelles. La chaînette ou la chevillière est synonyme pour sa part d’imitation des mœurs occidentales. Catégorique, il affirme : «Une fille qui met une gourmette autour de ses reins ou une chevillière donne une image péjorative d’elle. Car on peut la prendre pour une fille de joie. Cela ne fait pas partie de notre culture». Peu importe les avis, les jeunes filles font dans le «laisse parler les gens». Leur unique objectif est de séduire, d’enchanter et d’enchaîner. N’est-ce pas que le désir de plaire chez les femmes naît avant le besoin d’aimer… Qu’en dîtes-vous messieurs!!!

Source: L'Observateur

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