Cheikh Tidiane TALL : ‘ Après ma rupture avec Kiné Lam, j'ai joue avec toutes les autres femmes’

Les divas de la musique sénégalaise des années 90 ont pour la plupart eu à évoluer sous son aile. Guitariste claviériste, arrangeur, Cheikh Tidiane Tall a fini de marquer la production musicale sénégalaise. Aujourd’hui, le regard qu’il jette sur son univers professionnel est celui d’un acteur averti. Et les obstacles que rencontre une musique sénégalaise, dominée par le Mbalax, pour s’imposer au plan mondial, l’amènent à ‘convoquer’ les états généraux du secteur. Dans la première partie de l’entretien qu’il nous a accordé, le musicien parle de son retour au pays et revient largement sur ses rapports avec les femmes artistes, la nécessité de former les jeunes musiciens, entre autres.

Je suis de retour au Sénégal depuis avril 2005 pour continuer à travailler dans la musique. Parce que la musique est l’un des rares métiers où il n’y a pas de retraite. J’étais parti en France pour des raisons de famille et pour changer un peu d’air. Parce que j’étais tellement plongé dans la production… Auparavant, en plus de l’aventure du Xalam avec feu Prospère, Souleymane Faye, j’avais travaillé avec Maxou Lébougui, Pape Djiby Bâ dans Balia, jusqu’à ma collaboration avec Kiné Lam. Après ma séparation avec Kiné Lam, j’ai pratiquement fait toutes les autres femmes. En un moment, j’avais donc besoin de prendre un peu d’air. C’est pourquoi j’étais parti en Europe (France-Italie) pour une tournée de deux mois et demi avec Mati Thiam Dogo. Mais j’avais fait une première tournée avec feue Aby Gana au Festival Africa Colors. Dans le cadre de ce festival annuel, qui se passe en décembre, il y a eu trois journées africaines, dédiées notamment au Mali, à l’île Maurice et au Sénégal.

Vie à Paris
En 1998, je suis reparti en France pour des raisons familiales. J’y suis resté pendant sept ans. D’ailleurs, c’est lors de ce dernier séjour qu’il y a eu des retrouvailles avec les autres membres du groupe Xalam. Nous avions un projet de reconstituer le Xalam. Nous avons fait une tournée en Espagne. Chacun évoluait de son côté, mais de temps en temps, nous nous retrouvions. J’ai quand même fait beaucoup de musiciens de toutes les races. Vous savez que Paris, c’est la grande métropole.

Projet avec Ndongo Lô
Ce séjour en France, c’était également pour avoir une autre expérience. Puisque je suis un arrangeur et un concepteur, c’est bien d’aller vers d’autres horizons. Aujourd’hui, je peux dire que je suis revenu en tant qu’observateur. Parce que j’étais au courant de tout ce qui se passait au Sénégal. Je souligne que lors de ce séjour, j’ai même joué au premier Bercy de Youssou Ndour au début des années 2000. Et depuis lors, les musiciens viennent travailler avec moi. Ils sont tous mes petits frères. Ils passaient souvent à la maison à Paris et on discutait sur divers sujets. Il y a beaucoup de jeunes comme feu Ndongo Lô que j’ai découvert ainsi. Je l’ai connu par le biais de ma fille qui vit en Italie. Elle voulait que je soutienne son ami Ndongo, qui a connu son succès en mon absence. Je lui avais promis de travailler avec lui à mon retour à Dakar. Parce que quand feu Ndongo Lô est passé à Paris chez moi, j’avais vu en lui d’énormes potentialités. Et techniquement, je lui avais expliqué comment nous allions travailler. Mais Dieu en a décidé autrement.

Le choix de vivre au Sénégal
Je suis rentré au bercail parce que je suis Sénégalais et patriote. Personne n’est plus patriote que moi. Quand je jouais le grand Jimmy Hendricks et Eric Clapton, c’était en 1970. Ce que je joue en ce moment, je savais le faire avant 1970. J’aurais pu m’exiler. Mais je n’ai pas fait ce choix. Quand les Touré Kunda me disaient : ‘Grand, personne ne peut te déplacer, te sortir du Sénégal’, c’était en 1985. A l’époque, nous étions au Kilimandjaro. En 1986, Prospère et les autres sont venus me chercher pour une tournée, et étant leur grand frère, j’ai pris sur moi de payer mon billet. C’est vous dire que je suis un patriote. Et quand je suis allé en France, je me suis dit que je suis un responsable.

Donc je ne vais pas rester dans ce pays, en tant que musicien d’expérience qui a beaucoup fait pour la musique. J’ai des conseils à donner. Et si on m’invite aujourd’hui, j’ai des choses à expliquer. Par exemple, si on organise une table ronde et qu’on me dit d’appeler des musiciens, nous pourrions créer des divisions rythmiques et une musique pour nous-mêmes. Avec le temps, j’ai acquis plus d’expérience. Mais ce n’est pas donné. Chaque chose a un coût. Aujourd’hui, je ne me plains pas. Je vis avec ma famille et je rends grâce à Dieu. A mon retour, j’ai essayé de monter un orchestre de jazz pour me faire plaisir. Je sais que ce sont des musiques qui ne sont pas payantes. Mais pour ce qui est d’une nouvelle production, il faut qu’elle soit une grosse production pour que je m’engage, sinon je ne le fais pas.

Regards sur la musique sénégalaise
J’ai remarqué qu’il y a une bonne ambiance dans la musique sénégalaise. Mais concernant l’élaboration musicale, cela n’a pas évolué. J’ai vu qu’il y a beaucoup de jeunes, c’est bien. Mais aujourd’hui, la musique n’a plus d’hiérarchie. Par exemple, si vous êtes une fille, vous pouvez avoir une belle voix, mais cela ne suffit pas. Les stars se font vite à cause des télévisions. Et les médias les placent au même niveau pratiquement que les femmes qui ont de l’expérience comme Kiné Lam et les autres. C’est valable aussi pour les hommes, vous pouvez être un musicien talentueux, mais le talent ne suffit pas.

On parle de jeune talent, mais si vous avez du talent, c’est pour l’éternité. Donc il faut le travailler. Je ne suis pas contre ce que font les jeunes, mais il faut qu’ils collaborent avec les anciens qui ont de l’expérience. Parce qu’être ancien, ne veut pas dire qu’on a toujours raison. Avec les jeunes d’aujourd’hui, si vous n’avez pas de l’expérience, ils ne vous respectent même pas. Autre tare du show biz sénégalais : les gens ont tendance à uniformiser la musique. S’il y a un concept nouveau, tout le monde l’exploite. Pourtant, il y a plusieurs ethnies au Sénégal, mais pratiquement tous les musiciens font du Mbalax. C’est bien. Cela fait plaisir aux Sénégalais. Et quand ils viennent en Occident, cela fait plus plaisir aux compatriotes. Mais si on nourrissait plus d’ambition pour cette musique, on aurait dépassé ce stade depuis longtemps. C’est-à-dire que des musiciens comme par exemple Youssou Ndour et Ismaël Lô ont porté la musique sénégalaise partout dans le monde et pourtant, le Mbalax n’a jamais eu de disque d’or. Il y a donc un problème.

Table ronde autour de la musique
Il faut qu’il y ait un débat avec ceux que j’appelle les locomotives ou les têtes d’affiche. J’ai, plus ou moins, assuré la transition entre les anciens grands et les jeunes qui sont venus après nous comme les Youssou Ndour, Omar Pène, Thione Seck, etc. Ce serait bien que les musiciens expérimentés comme nous les instrumentistes et les jeunes, qui ont beaucoup d’avenir, se mettent autour d’une table pour discuter. Mais ce qui est malheureux et dommage, c’est qu’en général, on ne donne la parole qu’aux chanteurs. Alors que ce sont les musiciens qui font les chanteurs. Le chanteur a de bonnes idées. Il chante bien. Mais ce n’est pas un instrumentiste. S’il y a une bonne musique, c’est parce qu’il y a des choristes, une bonne composition, un bon arrangement et des instrumentistes qui savent exécuter. C’est toute une équipe. Et il est temps de faire parler les musiciens.

Piraterie
Aujourd’hui, on parle encore beaucoup des pirates. Je me rappelle, en 1986, quand nous faisions nos réunions avec le Xalam au Théâtre national Daniel Sorano ou à la Chambre de commerce, nous avions, un jour, émis l’idée d’aller voir les chefs religieux pour qu’ils disent à leurs disciples d’arrêter la piraterie ; pour qu’ils lancent une sorte de Ndiguël. Moustapha Kâ était à l’époque le ministre de la Culture. Je lui avais dit que le président de République devrait nous donner un pouvoir de saisie. Nous avons toujours dénoncé cette piraterie. Mais on est dans un pays où il n’y a pas de mémoire et de repères.

Le Mbalax dans le show biz mondial
Je vais vous raconter une anecdote : on était un jour entre mélomanes pour écouter un musicien, dont je tairais le nom, et le Blanc, qui le suivait avec nous, a dit à un moment : ‘C’est bien. Mais le morceau est trop long’. Et figurez-vous qu’à ce moment précis, on était au quatrième titre de l’album. C’était une honte. Cela nous avait blessés. On essayait de lui expliquer… Mais le fait qu’il ait écouté quatre morceaux dans une langue qu’il ne comprenait pas pour finalement dire que c’était pareil, cela veut dire que tout est pareil dans la musique sénégalaise. Il faut donc qu’on fasse attention. C’est pourquoi les musiciens changent leur façon de jouer à l’étranger. Parce que ceux qui décernent les disques d’or ne sont pas des Africains. C’est bien de montrer son patrimoine culturel, mais pour le moment, il faut que les gens apprennent à se conformer aux normes internationales. Si les Antillais font le beat One One, c’est pour que tout le monde puisse danser leur musique. Même les Guinéens et les Ivoiriens font ce beat pour pouvoir vendre leur musique. J’aime bien aussi les Maliens. Aujourd’hui, certaines de leurs femmes font le tour du monde avec une musique traditionnelle.

Parce qu’il faut qu’on joue en Occident notre musique traditionnelle. On joue notre Mbalax, mais puisqu’il y a beaucoup d’instruments, cela devient touffu. Parce que tous les musiciens jouent la même chose. Il faut dépouiller la musique sénégalaise. Dans un orchestre, tous les musiciens ne sont pas obligés de jouer dans tous les morceaux. Avec une bonne guitare, un percussionniste ou un batteur et un chanteur, on peut avoir un bon orchestre. Et puis, on n’est pas obligé de faire les percussions avec des baguettes. Il y a eu des expériences qui ont été faites par Thio Mbaye, par moi-même et les autres. C’est pourquoi je dis que ces dernières années, pratiquement rien n’a été créé au plan musical. Et si on pose le débat sur cet aspect en prenant les instruments et les bandothèques de tout ce qui s’est fait jusqu’à présent, on pourra reconnaître tous les morceaux.

Formation des musiciens
Si la musique sénégalaise est à ce stade, c’est parce qu’il n’y a pas de formation en musique. Aussi, chacun se croit tout permis. Et ceux qui ont des moyens, s’illustrent plus avec des singles. Le constat est que, dans toutes les productions, c’est le même discours, la même danse et le même Mbalax. Donc c’est bien d’interroger les anciens. Il faut qu’il y ait une confrontation pour qu’on se dise certaines vérités. Parce qu’il est temps qu’on organise les états généraux de la musique qui est une industrie. En Amérique, tout le monde sait que les industries culturelles représentent le deuxième pouvoir économique. En Occident, on vous paye si vous accordez une interview à une chaîne.

Ce que l’on ne fait pas chez nous. A l’époque, quand le Xalam accordait une interview, le lendemain, on retrouvait les chèques dans la boîte à lettres. Mais au Sénégal, tout le monde fait la musique pour être connu. Et ce n’est pas bien. Je ne le dis pas pour qu’on nous paye. Mais il faut que la télévision ait un comité de censure artistique, pour superviser les clips. Il faut réfléchir sur cela. Parce que le Mbalax est notre musique et seuls les Sénégalais savent le danser.

Une nouvelle vision du Mbalax
Le Mbalax est bien une musique d’ambiance, mais je vise une musique beaucoup plus ouverte pour l’Occident. Je n’ai plus rien à faire dans ce pays, je n’ai pas besoin de faire des produits qui ne se vendent pas. Je veux faire une musique qui peut se vendre en Occident. Parce que je sais ce qui s’y passe et ce qu’il faut faire. Maintenant, les gens suivent une mouvance qui est comme une boule qui tourne en rond. Parce que si Habib Faye et Jimi Mbaye, qui jouent depuis trente ans, remettent en cause la qualité du Mbalax tel qu’il est produit, c’est parce qu’il y a un problème. J’ai dit depuis 1984 que le Mbalax ne suffit pas, sinon Youssou Ndour allait récolter cent disques d’or, pour avoir présenté le patrimoine sénégalais partout dans le monde. Il y a Baba Maal qui exporte le patrimoine culturel Hal Pulaar. Il est super bien apprécié parce que c’est du traditionnel qu’il produit. Ismaël Lô est connu dans le monde entier. Le problème, ce sont les générations futures parce qu’elles estiment que les vieux sont dépassés ; alors que les jeunes guitaristes ne peuvent même pas vous expliquer ce qu’ils jouent.

Ce qui est stupide. Un chanteur qui chante faux, nous autres anciens, pouvons le savoir. Aujourd’hui, les mélomanes veulent une musique d’ambiance et, paradoxalement, j’aime toutes les musiques. Un musicien, comme Pape Ndiaye ‘Thiopet’, je l’admire. Il crée une ambiance dans notre musique. Quand les gens qui font du Tassou jouent, les mélomanes sont séduits par l’ambiance. Parce que ces artistes mettent le groove qui va mieux avec le Tassou. Mais on a vu que les musiciens changent leur façon de jouer quand ils sont à l’étranger. Et pour cela, il faut aussi avoir des bagages (…). Le constat est que depuis l’avènement des médias, on n’a plus le temps de former les musiciens. C’est bien de parler de l’histoire pour connaître la différence entre la musique d’hier et d’aujourd’hui.

La baisse des cachets
J’ai vu que ce Mbalax arrange certains producteurs. Et les cachets ont aussi diminué. Maintenant, si vous voulez suivre cette tendance, vous pouvez aller jouer. Mais moi, cela ne m’intéresse pas, je n’accepte pas certains cachets. Toutefois, il ne faut pas dormir sur ses lauriers. Parce que la musique n’a pas d’âge. Il est toujours possible d’apprendre de nouvelles choses. Vu mon âge, je préfère laisser cette musique avec les jeunes et faire un autre concept. Mais je suis toujours ouvert. J’ai toujours aidé les femmes. Parce qu’il faut être un homme de sentiment pour travailler avec des femmes durant toute cette longue période. Dieu a fait que tous les produits que j’ai faits avec les musiciennes ont eu des succès. Toutes ces musiciennes sont allées en tournée avec leur premier produit. Et tous les compatriotes me rendent hommage pour ce que j’ai fait pour la musique sénégalaise. Je ne suis pas en compétition. Parce qu’il y a de ces choses qu’il ne faut pas accepter. Mais tous les musiciens se connaissent et se respectent.

Collaborations musicales?
Ma collaboration avec Kiné Lam a été la plus remarquée (…). C’est lors de la réunion de Sorano, qui s’est tenue en 1986, qu’on avait dit qu’il y a une femme qui a vendu cent mille cassettes et s’il y avait une maison de disque, elle allait avoir un disque d’or. Quand on m’a proposé de faire une production, j’ai dit que ce serait bien d’avoir une femme sur le plateau avec des hommes. Et c’est Kiné Lam qui avait vendu à l’époque les cent mille cassettes avec son album Dogo, produit par Ibrahima Sylla. Nous avions commencé la collaboration avec Balla Aïssa Boury. Ensuite les albums Gallas, Lèergui, Noreyni ont suivi. Et je suis resté avec Kiné Lam jusqu’en 1992. Le premier tradi-moderne que j’ai fait, c’est avec Kiné Lam dans Sunu Thiossane. On s’était même séparé avant ce morceau. Mais puisqu’on l’avait déjà entamé, il fallait terminer le produit. Par la suite, nous avons décidé de travailler avec toutes les femmes. C’est en ce moment que j’ai commencé à travailler avec les autres femmes comme Fatou Guéwel, Coumba Gawlo, Athia Wélé, Ndèye Ngom Bambilor, Ndèye Seck ‘Signature’, entre autres.

Des gardiennes de la tradition!
Quand je faisais Balla Aïssa Boury avec Kiné Lam, je n’étais pas de son orchestre, je faisais juste les arrangements pour elle. Avec l’expérience que j’ai eue en Europe, j’avais décidé de soutenir les femmes. J’ai voulu créer un concept ‘Tina and Ike’ africain. Donc avec Kiné Lam, il y a eu une superbe expérience. C’est pareil avec les autres femmes aussi. Quand j’ai fait Cheikh Ibra Fall avec Fatou Guéwel, ça l’a lancée de même que Dial Mbaye avec son album Fa Wade Wélé. J’avais su que cette collaboration avec les femmes était une volonté divine. Grâce à Dieu, tous les morceaux que j’ai faits avec elles ont été des tubes. Je leur conseillais toujours de s’auto-produire. Parce qu’elles récoltaient beaucoup d’argent avec les produits qu’on faisait ensemble, mais elles ne le faisaient pas. Les producteurs suivent la mouvance. Mais il n’y a aucun jeune chanteur qui a le talent des anciennes. Elles sont les gardiennes de la tradition musicale du Sénégal.

Non-reconnaissance des femmes artistes
Je les ai toutes aidées, mais seule Ndèye Seck ‘Signature’ m’a rendu la pièce de la monnaie. Même si je ne le faisais pas pour avoir quelque chose en retour. Mais il y a des femmes avec qui je ne vais plus travailler. Il y en a qui ne sont pas reconnaissantes. Même quand elles sont invitées à une émission, elles ne daignent jamais citer mon nom. Mais ce n’est pas important. Ce sont des femmes, il ne faut pas leur en tenir rigueur. Mais il y en a avec qui, même si elles me proposent un milliard, je ne travaillerai plus jamais avec elles. C’est fini ! Je les ai toutes soutenues et j’étais le seul à le faire en ce moment. Je leur donnais même des frais de transport. Une femme comme Fatou Guéwel, quand je jouais avec elle, on utilisait mon matériel. Même ma voiture personnelle, je la mettais à sa disposition, pourtant elle n’était même pas présente à ma soirée d’anniversaire (Ndlr, le 21 juillet 2006 à Sorano).

J’ai essayé de la contacter de mille manières. Coumba Gawlo, qui m’appelle ‘Papa’, est venue me voir pour son album Bine Bine. Mais je lui ai fait comprendre que je ne ferai plus rien avec elle. Parce qu’après son album Yomalé qu’on a fait ensemble, elle est restée deux ans sans faire signe de vie. Quand je fêtais mes 40 ans de musique, c’est sa mère qui m’a donné son numéro de téléphone. Je l’ai appelée maintes fois en vain. Puisqu’elle m’appelle ‘Papa’, elle pouvait au moins se déplacer. Etre star c’est bien, mais il ne faut jamais oublier ceux qui vous soutenaient quand personne ne vous connaissait.

Sans regrets?
J’ai toujours fait mon devoir parce que je travaille de bon cœur. Je n’ai aucun regret. Maty Thiam ‘Dogo’ une nièce pour moi. Donc quand je lui faisais son album, je n’ai pas exigé d’elle la somme que je demande habituellement aux autres. Sept mois après la sortie du produit, je l’ai emmenée en tournée internationale. Mais je ne l’ai jamais entendue citer mon nom. Avec mon séjour en France, on a arrêté la collaboration, mais ce n’était pas de ma faute. J’aime les Youssou Ndour, Ismael Lô, Thione et autres parce qu’ils sont reconnaissants et c’est pareil pour Lamine Faye. Ils me respectent tous.

Donc, si les ténors vous respectent et que ceux qui n’ont pas de niveau ne vous considèrent pas… Mais je ne regrette rien, cela fait partie de mon parcours. Si elles ont toutes réussi à faire une deuxième cassette, c’est parce que la première a bien marché. Parce que les producteurs n’ont pas de sentiments. Et si dans ce métier on me voue un certain respect, ce n’est pas seulement pour mon âge, c’est parce que j’ai su très tôt jouer la musique. Je suis professionnel depuis plus de 40 ans. Certaines personnes savent que je ne travaille pas avec ceux qui ne sont pas professionnels. Il faut être rigoureux dans le travail.

Rupture avec Kiné Lam
La rupture appartient au passé, je ne vais pas y revenir. On s’est séparé parce que c’est la loi de la musique. Il n’y a jamais eu de problèmes entre Kiné et moi, je la considère comme une sœur. On s’est quitté juste pour des raisons professionnelles. C’est vrai qu’à l’époque, elle a dit beaucoup de choses concernant notre rupture, mais en tant qu’homme, j’avais décidé de ne pas faire dans la polémique. Donc il n’y a rien eu entre nous. D’ailleurs, l’année dernière, nous avons joué ensemble lors de la soirée d’El Hadj Mansour Mbaye à Sorano. Je disais même à Mansour Mbaye que sa soirée nous avait permis de nous réconcilier. Et puis, nous étions réconciliés depuis longtemps, elle est venue même me voir quand j’étais à Paris. Sa fille aînée, Ndèye Thiam vivait chez mon épouse qui est à Paris.

De plus, nous sommes, Kiné et moi, des disciples mourides. C’est pourquoi je ne veux pas revenir sur certains détails. Il y a toujours cette complicité entre nous, parce que je connais bien Kiné Lam. Pour ce qui est de sa notoriété qu’elle a un peu perdue, il faut comprendre que c’est la loi du showbiz. Vous avez remarqué que même les jeunes filles qui chantent bien, on les appelle ‘Kiné Lam’. Si j’ai eu envie de faire à nouveau quelque chose avec elle, c’est parce qu’elle est une grande chanteuse. Il faut dire que quand je travaillais avec elle, elle était au sommet. On la plaçait à côté de Youssou Ndour. Elle n’a pas perdu de son talent et les chanteurs la respectent. Le succès, c’est pour la vie. Personne n’oubliera Kiné Lam ou Cheikh Tidiane Tall. Notre collaboration avait la bénédiction de mon guide religieux, Serigne Modou Bousso Dieng. Il y a eu un petit incident, le succès est difficile à gérer surtout quand il s’agit d’une femme. Mais Kiné est une super chanteuse.

Projet de retrouvailles avec Kiné Lam
C’est dommage qu’il y ait eu cette séparation parce qu’on avait un chemin à suivre, mais tout va reprendre. Quelqu’un comme Habib (Faye) me dit toujours qu’il faut que je reprenne avec Kiné Lam. Parce qu’il sait ce qu’on peut faire pour la musique sénégalaise. Si j’ai décidé de travailler à nouveau avec Kiné Lam, c’est parce que j’ai tourné la page sur beaucoup de choses. Mais il faut qu’elle se prépare parce que c’est une femme et un produit demande beaucoup de moyens.

Source: allafrica.com

1 commentaire:

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