Un francais SDF a Dakar: La galère au quotidien

La vie de Frédéric Vilain oscille entre espoir et désillusion. De son pays natal au Sénégal via le Cameroun, Vilain souffle le chaud et le froid. Ses révélations sont certes ahurissantes mais pleines d'émotions. Sans domicile fixe (Sdf) après sa mésaventure au Cameroun, ce Français sera rapatrié volontairement en France dans l'espoir de remettre un peu d'ordre dans sa vie mais en vain. Chez lui, il sera "honni", au Cameroun, Vilain sera dépité et au Sénégal il vit dans la galère.

Visiblement malmené par la faim, Frédéric Vilain a, en plus de sa voix mélancolique, quelque chose dans son regard qui exprime une grande tristesse. Il suffit de s'approcher de cet homme pour se convaincre que rien ne marche. Pis, M. Vilain déclare être au fond du gouffre. "Il ne me reste plus que cinq cents francs pour vivre" dit -il d'une voix triste .

"Pas question que je retourne en France"
Le monde serait -il en train de tourner à l'envers ? En tout cas, pour ce qui est de Frédéric Vilain, l'on serait tenté de répondre par l'affirmative. La situation dans laquelle il évolue ne semble pas lui «déplaire». Vilain s'oppose à son rapatriement vers son pays d'origine. D'un ton ferme, il déclare que c'est inopportun pour lui de retourner en France. «Il n'est pas question que je retourne en France» lâche-t-il très déçu. Son choix se justifie par une crainte d'endurer une autre situation beaucoup plus dramatique dans son pays. «Je préfère rester ici. Chez moi, ma situation serait encore pire. Figurez- vous que je me suis fait rapatrier du Cameroun en 2005.

Une fois en France, je me suis retrouvé sans moyens», a-t-il révélé. Saisissant cette occasion , il tire sur le comité d'entraide aux Français rapatriés (Cefr) qui devait, à l'en croire, s'occuper de son cas une fois en hexagone : «Cette structure n'a rien fait pour moi en plus de l'aide psychologique qu'elle devait m'apporter, elle devait aussi me verser à la fin de chaque mois la somme de 2 000 euros.
Aucun de ces engagements n'a été respecté» s'empresse-t-il de dénoncer.

En lui demandant si en France si sa mère qui est encore en vie, ses proches, ses amis auraient pu l'aider, il répondra tout simplement que dans son pays ses compatriotes ont perdu le sens de la solidarité. «Chacun vit dans son coin sans se soucier de son prochain», clame-t-il. En dépit de la précarité dans laquelle il vit, Frédéric réaffirmera une fois de plus son intention de rester au Sénégal ou de repartir au Cameroun dont il détient encore une carte de séjour valable jusqu'en 2013.

Retour sur la mésaventure "camerounaise"
C'est avec un air nostalgique qu'il a raconté son séjour au Cameroun. Selon Frédéric, tout est parti d' une simple relation amoureuse avec une jeune fille camerounaise qu'il a connue en France. Ce coup de foudre pour cette fille africaine lui fait fouler pour la première fois les terres de l'Afrique, précisémént au Cameroun, patrie de sa compagne. Mais trés vite leur relation va connaître des secousses. De maltraitance au rejet, le couple vole en éclats après que Vilain ne soit dépossédé de ses biens. Après cette mésaventure, Frédéric fait une autre aventure amoureuse avec une autre camerounaise. Cette fois-ci, cette nouvelle relation sera fructueuse car de là naîtra une fillette. Entre tracas et fracas, le mariage avec Irêne (c'est le nom de sa femme) finit dans le gouffre. Résultat : chacun y va de son côté. Vilain se retrouve dans la rue. Ne pouvant plus supporter cette mésaventure, il demande alors son rapatriement vers la France d'où il passera deux années de galère qui ont failli lui coûter la vie parce-qu'il voulait se suicider.

L'histoire est en train de se répéter
Vilain débarque à Dakar au mois de mai 2007. Frédéric Vilain comptait tourner la page de sa vie jalonnée de cascades de déception. Même si son arrivée au Sénégal est encore liée à une histoire de fille, cela rentrait dans le cadre de gommer sa désillusion du Cameroun où il lui est venu à l'esprit le besoin de se suicider. Comme au Cameroun, M. Vilain ne réussira pas à s'entendre avec sa nouvelle compagne, une certaine Aichata, étudiante guinéènne à la faculté des Sciences Economique et de gestion à l'Ucad. C'est par le biais d'Internet que Frédéric a connu l'étudiante guinéénne. Selon notre interlocuteur, Aicha l'a quitté quand il n'avait plus rien.

Déboussolé, Frédéric se lance dans le petit métier pour sa survie. Selon lui, il a travaillé pour un célèbre animateur de la place qui ne l'a rétribué que par le simple mot merci. «Plusieurs personnes ont profité de ma condition pour m'arnaquer comme l'a fait une dame restauratrice qui, en me prêtant main forte et en me donnant à manger gratuitement tous les midis, a tout gâché en voulant confisquer mes bagages. Ses fils m'ont également t soutiré beaucoup d'argent" révéle- -t-il avec amertume. Le destin est devenu cauchemardesque pour lui et cela semble aller de mal en pis au Sénégal.
Le seul souhait de Frédéric Vilain est de quitter les bas-fonds de la désillusion en trouvant un emploi dans le domaine du tourisme et de la restauration. "Je peux beaucoup apporter à celui qui me fera confiance en multipliant son chiffre d'affaires", se targue-t-il. En ce moment, il est domicilié chez son ami à Yoff Layène. Avant d'être logé par cet ami, Frédéric passait la nuit à la plage de Yoff, faute de ne pouvoir honorer son loyer. Âgé d'une quarantaine d'années, Frédéric espère touner cette page de son histoire grâce aux bonnes volontés.

Source: Le Matin

3 commentaires:

Anonyme a dit…

salut boy town j'aimerais que tu me donne l'adresse ou autres coordonnes de frederic vilain le francais sdf a dakar ! c'est pour lui venir en aide ! merci comisco@hotmail.fr

Anonyme a dit…

Bonjour Boy Town,

Je prépare une thèse de géographie sur les usages des TIC par les migrants sénégalais en France. C'est en faisant des recherches que j'ai vu ton blog qui n'est pas mal du tout.
Je voudrai te poser quelques questions si tu n'y vois pas d'inconvénient.
Tu peux m'écrire à mon adresse e-mail: elhadjmoda@hotmail.com
Je te remercie de ta disponibilité et de ta collaboration.

Cordialement

aghenor@live.fr a dit…
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{http://www.leboytown.blogspot.com/}.