Diamaguene: Entre inondations, insalubrite persistante, insecurite galopante, les populations sont livrees a eux meme!!

Ils se sentent souvent étrangers dans leur propre pays. Les habitants de Diamaguène sont indignés par leurs conditions d’existence. Pas de cadre saint, encore moins de sécurité, ces habitants dont l’actuel maire aurait recommandé de boire les eaux stagnantes, à défaut de solutions, ruminent encore leur colère, en attendant une hypothétique sortie de crise.

Son cadre est vaste, ses limites inconnues de ses habitants mêmes. La commune d’arrondissement de Diamaguène-Sicap Mbao est perçue, par certains, comme les alentours qui longent la route de Rufisque, entre Fass Mbao et la commune de Tivaouane-Diacksao, alors que des milliers d’âmes sont entassés de l’autre côté du goudron. Des milliers d’habitants qui, pour la plupart, vivent le martyr des inondations, le calvaire de l’insalubrité grandissante et une insécurité devenue chronique. Pendant des années, des dizaines de maisons sont restées englouties par les eaux pluviales. Une partie de ces habitants serait logée à Keur Massar, depuis 1998, alors qu’une autre partie court toujours derrière une hypothétique propriété à Jaxaay.

Au quartier Médina Marène II, les habitants flirtent toujours avec les eaux stagnantes. Une marre qui a fini de dévorer une grande parcelle du quartier. Les hivernages passent et repassent et les eaux restent intactes. Une situation qui ne préoccupe plus les riverains, qui semblent résignés. Résignés au même titre que le chef du quartier, Abdoulaye Sall, dont la demeure reste coincée à cent mètres de cet «océan» nauséabond. «Si vous pouvez faire quelque chose pour qu’on nous sorte de cet endroit, alors, vous êtes le bienvenu», lance d’emblée M. Sall. Qui poursuit, en compagnie d’une dizaine de vieux trouvés dans sa demeure : «Nous, on a fait ce qu’on devait faire. On a écrit, on a crié et on s’est même inscrit sur les listes pour le plan Jaxaay. Mais, jusque-là, rien, alors qu’on est sous la menace de nouvelles pluies», tonne-t-il, les yeux rivés sur ses «amis» qui acquiescent de la tête.

Quid de l’appui des autorités municipales ? Les regards se croisent et personne, à commencer par le chef du quartier, ne veut se prononcer. Tout juste, se contente-t-il de dire : «Doudou Issa Mbaye (le maire de la commune d’arrondissement de Diamaguène-Sicap Mbao) fait de son mieux, mais il n’est pas doté de moyens conséquents pour faire face à l’insalubrité qui frappe Dimaguène.» Mais, en réalité, les supposées actions du maire sont intangibles dans ce trou perdu de la banlieue.

Aucun maire n'a joue son role
En effet, plusieurs habitants disent ne pas connaître le maire et la seule image qu’ils retiennent de leur édile, c’est quand il leur aurait balancé à la figure, lors d’une tournée dans les zones inondées en 2005, la phrase suivante : «Cette eau, buvez-la», en réponse aux inquiétudes des populations. Des gens qui n’en revenaient pas et qui sont restés cloîtrés entre leurs quatre murs. Apparemment touchés par ces mots «déplacés et maladroits» du maire, plusieurs habitants des quartiers de la commune de Diamaguène-Sicap Mbao s’interrogent sur l’utilité d’un maire. «A quoi nous servent-ils ?», ruminent-ils.

Même l’ancienne mairesse socialiste de cette localité, Rohkaya Siby, n’a pas été épargnée. «Durant son magistère, on ne se rappelle pas une seule chose qu’elle a faite de bon ici, à part dilapider toutes les terres qui étaient à sa portée», fait remarquer un sexagénaire qui dit habiter les lieux pendant «plus de 25 ans».

Agressions
Si les habitants de Diamaguène-Sicap Mbao cogitent toujours sur leur avenir, il n’en demeure pas moins que l’insalubrité continue de gagner du terrain. En effet, des tas d’immondices envahissent les maisons environnantes, avec une odeur insoutenable. «Nous avons l’habitude», souligne une dame qui fait son linge à quelques mètres des lieux sales. Une insalubrité qui ne semble pas préoccuper les autorités locales. Un «proche» du maire confie : «Les populations doivent cesser de détériorer leur propre cadre de vie en y jetant leurs ordures.» Mais, ce riverain, propriétaire d’un télé-centre dans sa maison, renvoie la balle : «Alors trouvez-nous un endroit où nos femmes et filles puissent jeter ces ordures que nous ne pouvons pas garder dans nos maisons.»

Sous ce rapport, un tour au centre de santé des sœurs de la localité renseigne encore plus sur l’état sanitaire de la commune. «La maladie dont souffre le plus les populations, c’est le paludisme», laisse entendre Mme Dasylva, assistante au centre. Cette dernière poursuit que, parfois, ils sont confrontés à d’énormes problèmes liés aux maux de ventre, surtout du côté des enfants.

Dans cette commune, les populations vivent aussi un autre mal : les agressions physiques. Dépourvues d’éclairage public, les ruelles sont souvent infestées d’agresseurs durant certaines heures de la nuit. «Il ne se passe pas une semaine sans qu’on entende mort d’homme», peste ce boutiquier, qui confie même avoir été «victime des agresseurs, il y a juste deux mois».

Toutefois, relativisent d’autres habitants de la commune, «la police de Sicap-Mbao abat un travail énorme et, aujourd’hui, plusieurs agresseurs sont sous les verrous».

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