Demba Dia le “Bad boy” : Je n’ai de compte à rendre à personne…

Il incarne à fond la « Rock Attitude », jusque dans les rallyes… Avec Demba Dia, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas sa langue dans sa poche. Entretien avec quelqu’un qui ne mâche pas ses mots :

Qui est Demba Dia ?
D.D. : Je suis un jeune hal pulaar qui est né au Plateau et qui a grandi entre Dakar à la Cité des Eaux et la France. J’ai quitté l’école très tôt pour devenir moniteur de tennis car je jouais très bien. Ensuite, je suis parti en France, histoire de devenir professionnel mais j’ai vite déchanté car une fois, je me suis fait humilier par un petit toubab (rires). J’ai toujours été passionné de musique aussi. Quand je suis revenu au Sénégal, j’ai fait la connaissance d’un ami qui s’appelle Thierry Los. On est parti ensemble en France pour nous mettre véritablement à la musique et fonder le groupe « Dental ». Quelques années après, je suis revenu au pays vers 1991 pour sortir l’album « Rock Mbalax » qui a fait un tabac. Aujourd’hui, quinze ans après, j’ai 9 albums à mon actif avec le dernier qui vient de sortir : « Boum Boum » et qui compte 6 titres.

Quels sont les thèmes de tes chansons ?
D.D. : Je chante l’émigration, le travail et l’amour surtout (rires)

Pourquoi as tu changé de style ? Ta musique est devenue un peu molle, le rocker se fait il vieux ?
D.D. : Le rocker n’a pas changé (en criant). Rock Mbalax avait fait un tabac à l’époque car j’étais venu avec la fougue, mes santiagues et mes habits en cuir. J’étais devenu une référence pour la jeunesse. C’était hallucinant et le succès était au rendez vous. C’est vrai que je prends de l’âge maintenant, mais je fais toujours du rock-and-roll, surtout avec mon groupe le « Dental » qui se trouve en France. En janvier, je joue avec eux pendant une dizaine de jours dans quelques salles. Rock Mbalax n’a pas changé !

D’où vient la richesse de Demba Dia ? Il parait que votre père est un grand importateur de riz et vous le soutenez même dans son entreprise…
D.D. : (Il pique un fou rire) Je ne suis pas né dans un berceau rempli de milliards. Mes parents avaient des revenus très modestes. Contrairement à ce que dit cette rumeur, mon père était un ouvrier à la Sones et j’ai grandi à la cité des eaux. Pourquoi j’ai arrêté tôt les études à votre avis ? Mais je galérais grave. J’étais d’abord ramasseur de balles dans les courts de tennis et on me payait 50F ou 75F. Il m’arrivait de marcher jusqu’en ville à l’aller comme au retour. Ma richesse aujourd’hui, je ne la dois qu’au travail. C’est le fruit de mes efforts. Ce n’est pas grâce à la musique je précise. Je vends du « matos » audiovisuel aux chaines télévisées africaines à Sao Tomé, en Guinée équatoriale,… je vends des voitures, je suis dans l’immobilier en France, je suis dans plusieurs choses à la fois… Et je bosse dur ! D’autres disent que je suis un dealer… Mais c’est depuis 1990 que cela dure. Ne pensez vous pas qu’elle aurait déjà fait la taule une personne qui vivrait d’une manière aussi déloyale ? Ce qui me fait le plus rire, ce sont les gens qui disent que je fais de la magie (fou rire)… çà par contre, j’aimerais bien pouvoir le faire. Qu’est ce qu’on n’aura pas entendu dans ce pays ? Ma richesse, je l’ai constituée à la sueur de mon front de A à Z. Je n’ai de compte à rendre à personne !

On sait que tu es un grand amateur de courses automobiles. Pourquoi cette passion pour les rallyes ?
D.D. : J’ai toujours aimé les courses. J’habitais à côté de l’autoroute durant ma jeunesse et j’aimais bien regardé les 6H de Dakar. Cela me faisait rêver. Mais j’avais quand même mal au coeur car on ne voyait que des blancs. C’était injuste pour moi. Je disais tout le temps à mes parents : « Un jour, je ferai moi aussi les 6H de Dakar et je les gagnerai inchallah ». J’ai réalisé mon voeu. C’est une passion qui remonte à mon enfance.

Pourquoi ton annulation de la course l’année passée ?
D.D. : L’année dernière, on m’avait disqualifié car je m’étais inscrit tard. Les organisateurs étaient imprécis par rapport à la tenue de la course à cause de l’autoroute en construction. A la dernière minute, ils ont décidé que cela se ferait sur la Vdn alors que c’est une course qui demande une très grande préparation. Il faut préparer sa voiture, il faut la revisiter. Je n’étais pas sûr de ma candidature à cause du circuit et des délais qui nous étaient impartis. Je me suis inscrit tardivement et la fédération avait rejeté ma candidature. Mais puisque la fédé m’aime bien (rires), j’ai pu participer finalement, et de toute façon, on ne pouvait rien espérer car le circuit n’était pas adéquat.

La Vdn n’est pas idéale pour les Porsches. D’un autre côté, je n’ai pas de bons rapports avec ces gens là. Il n’y a pas une bonne entente car on ne voit pas les choses de la même manière. Je n’aime pas ces ambiances de bourgeois car elles créent un esprit malsain dans le groupe. Je préfère donc éviter ce genre de situation. Pour les 6H de Dakar, je connais un gros sponsor qui n’a jamais sponsorisé un « Black » (en tapotant sa peau). C’est grave ! L’esprit est très mauvais. On retrouve différentes gammes. Même en réunion, tu vois des gens assis par petits groupes.

J’aurais voulu que tout le monde soit uni, et sans tiraillements. Je ne suis pas du genre à dire les choses tout bas. Je le crie tout haut car je n’ai peur de personne. En 2004, j’avais 2 Porsches qui étaient en tête. A un moment de la course, les organisateurs les ont arrêtées de leur plein gré en évoquant une petite panne alors que les voitures étaient déjà bien lancées et étaient en tête. Mais c’est quoi çà ?!? En course, les secondes sont très importantes. Pourquoi on nous a arrêtés volontairement pendant que les autres voitures continuaient à rouler ? J’étais venu pour gagner. Il faut arrêter ces choses là. Je suis plus passionné que tout le monde pour les courses automobiles mais si çà continue comme çà, je risque de tout arrêter.

Que penses-tu du rallye Paris Dakar ?
D.D. : Le rallye Paris Dakar ne m’intéresse pas. Il faut beaucoup de millions pour le faire. Il faut être un professionnel et avoir de gros moyens pour y participer et ce sont des usines qui entrent en lice. On ne peut pas se battre contre des usines comme Toyota, Mitsubishi, etc. A vrai dire aussi, je suis contre le principe. Ce sont des gens qui utilisent trop le continent. Ils viennent s’amuser en Afrique, gaspiller des centaines de millions dans un rallye, malgré toute la misère qui les entoure. Ils ne daignent pas venir au secours de ces nécessiteux et pourtant, ces millions auraient pu servir à construire des écoles, des hôpitaux, …

Est-ce que toi tu viens en aide aux nécessiteux si l’on connaît ton patrimoine financier ?
D.D. : Je n’aime pas m’épancher sur mes oeuvres de bienfaisance mais tout ce que je peux dire, c’est que j’adore venir en aide aux gens, que cela soit à Dakar ou au Fouta. Bientôt, je le ferai en Casamance aussi. Je vais construire une maison pour les orphelins.

Quels sont tes projets ?
D.D. : J’ai envie de développer la culture au Sénégal. Nous sommes en train de monter une unité industrielle de fabrique de cassettes, Cd et Dvd. On monte aussi des studios d’enregistrement et des plateaux de télé. J’aimerai produire en spectacle Super Diamono, Baba Maal, Youssou Ndour, et tant d’autres. Nous avons ramené plus de 300.000 watts de sons et tous les droits ont déjà été acquis. De grands concerts vont démarrer dès début décembre. Nous allons créer une chaine de télé qui va s’appeler « Rock TV » car tout est « Rock » chez moi…

Source:221

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