Alif: Certains producteurs s’intéressent plus à notre corps qu'à notre produit

Créé en 1997, le groupe Alif était composé de Myrièm et Mina. Elles habitaient le même quartier et avaient une passion commune : le Rap. Par la suite, Oumy intégra le cercle. Dès 1999, le premier produit d’Alif envahit les bacs, et marque l’entrée en scène de la gent féminine dans le hip hop sénégalais.

Vous avez viré, maintenant vous faites du «mbalax» ?
Myrièm: Cette fois-ci on a chanté du «Mbalax». On n’a jamais dit qu’Alif était focalisé sur le rap. On chante selon nos sensations pour qu’au retour, les mélomanes puissent le sentir. L’album est une variété de musique. Ce n’est pas non plus pour l’aspect commercial. Parce qu’au début on avait déjà enregistré l’album. Après on est allé voir Baba Mille mélodie. C’est lui qui nous a conseillés de chanter en «mbalax». On a décidé de le faire parce que si on nous proposait quelque chose, on le fait pour voir qu’est ce que ça va donner. Qu’on fasse du «mbalax» ou du rap la musique reste inchangeable.

Il y n’a pas de jalousie entre vous ?
Myrièm : Non, on est des sœurs. Il nous arrive parfois de nous disputer, mais on discute sans rancœur, après ça passe. Quand ça nécessite de se crêper les chignons, on le fait. L’essentiel, c’est de ne pas avoir une relation très médiatisée. On règle tous les problèmes entre nous.

Quel est votre type d’homme ?
Mamy : Notre type d’homme, je pense que c’est tout ce qu’une femme peut souhaiter. Personnellement, je rêve d’un homme honnête, sincère, fidèle ce qui est malheureusement rare. Donc, l’essentiel est qu’il te respecte même s’il doit lorgner à gauche et à droite. Les choses viennent naturellement. On se demande même s’il y a un homme qui se limite seulement à une seule femme. Comme on dit, il y a exception à tout. On souhaite vraiment avoir un homme qui nous respecte, qui a assez de style, d’affection et surtout beaucoup d’amour à nous donner.

Dans vos chansons, vous titillez les hommes ?
Mamy : On ne les titille pas, mais on parle carrément des hommes qui jouent ce rôle. On ne généralise pas la chose, il y a des hommes fidèles, très honnêtes. Je vais vous donner un exemple très simple : tu te maries à un homme, il n’est pas riche, mais malgré tout tu l’aimes à la folie. Un bon jour, il devient riche et il épouse une seconde épouse. Subitement on est abandonnée. Il n’a rien de plus mauvais que ça.

Pourquoi vous êtes sexy dans vos clips ?
Myrièm : Je ne pense pas qu’on s’habille sexy. On est toujours en tenue de ville comme toutes les filles qui vont à l’université ou au travail. On est tout à fait normal dans nos clips, c’est des trucs de jeunes quoi.

Vous ne devez pas faire comme toutes les filles parce que vous êtes des leaders d’opinion ?
Myrièm : Justement que ce soit en clip ou partout où je me rends, je porte ce que je sens le plus dans mon corps. Dans les soirées de gala, je suis toujours en robe parce que je me sens bien dedans.

On a l’impression que le rap ne cartonne plus comme avant ?
Myrièm : Oui, vous avez raison mais ce n’est pas que le rap seulement. C’est la musique en général. Même les mbalaxmen qui vendaient 150 000 exemplaires, maintenant ils ne peuvent même pas vendre 15 000 exemplaires. C’est dû à un développement technologique. De nos jours, il y a plus de pirates que d’acheteurs. Il suffit d’un ordinateur pour graver tous les sons dont on a besoin. Nous sommes tous des pirates. C’est ce qui explique le déclin.

Pourquoi vous ne chantez pas de la politique ?
Myrièm : chacun à ses concepts qui lui sont spécifiques. On est très démocrate, on n’écrit pas un texte sans que l’autre donne son accord. En 2004, on a chanté «Douta Mbaye», c’est l’alternance. On avait donné tous nos espoirs à notre président. Il nous a déçues, parce que ça fait trop mal de voir des camarades de promotion qui sont devenus des ministres. Si on sait nettement qu’ils n’ont pas le niveau et qu’ils ne méritent pas leurs postes. On voit des gaspillages avec les avions présidentiels. C’est pour ça qu’on a chanté «Douta Mbaye» pour dire qu’on nous a bernées. Parce que s’il y a alternance, c’est grâce aux rappeurs. Nous étions les premiers à crier révolution.

On dirait que vous êtes riches ?
On est loin d’être riches.

Comment vous avez intégré le milieu ?
Mamy : au début je travaillais avec mon frère, on enregistrait dans le même studio que le groupe Alif. On se connaissait et un bon jour il y a eu un départ. Puisqu’au niveau international, les fans connaissaient le trio et il fallait forcément avoir une troisième. On a vu qu’on avait le même concept, les mêmes idées et les mêmes objectifs. J’ai retrouvé une famille, elles sont hyper sincères. C’est vrai que j’avais trop peur au début parce que je me disais que nous sommes des filles et qui parlent de filles parle de petites disputes. Mais grâce à Dieu, tout se passe comme nous avons voulu.

Votre père, il est dans le domaine de la musique ?
Mamy : Non, c’est son frère qui évolue dans ce milieu. Djimi Mbaye est le frère à mon père. Donc, je peux dire que j’ai la musique dans le sang.

Est ce qu’il vous aide ?
Mamy : J’ai eu à enregistrer dans son studio avec mon frère. Il nous a donné ses idées sur ce que nous faisions. Il est très occupé. Il ne peut pas m’aider tout le temps même s’il le voulait. On ne peut pas se voir tous les jours. Mais ce qui est sûr c’est qu’on fera plein de choses ensemble.

En tant que femme, est-ce facile d’émerger dans le milieu du hip hop qui est très masculin ?
Mamy : Non, ce n’est pas facile. C’est pourquoi déjà on est tout le temps ciblé à plus forte raison qu’on évolue dans le milieu musical. On est appelé à sortir à n’importe quelle heure, à voyager tout le temps quand c’est nécessaire. On nous qualifie de toutes sortes de perversion. Mais c’est au fil du temps qu’ils acceptent que c’est un métier comme les autres.

Myrièm : l’autre aspect, c’est la plupart des gens qui viennent vers nous. Ils ne viennent pas pour nos talents, il viennent pour autre chose. C’est l’artiste en personne qui les intéresse mais pas ce qu’elle fait. Il y a plein de producteurs qui le font. Ils veulent produire le corps de l’artiste mais pas son produit. Il faut juste savoir ce que l’on veut.

Ne pensez-vous pas que c’est à cause du rap que les hommes vous fuient ?
Myrièm : je discutais avec un pote, il m’a fait savoir que les hommes sont devenus une espèce rare. Pour cause, le Diola a dû emporter des hommes, le « barsa barsac » aussi et il y a trop de « moitiés moitiés » (les homosexuels). Il y a plein de jeunes filles qui ont notre âge et qui ne sont pas toujours mariées. Nous ne sommes pas les seules à ne pas être mariées.

Source: L'Obs

Le nouvel album du groupe Misaal sur le marché en décembre

Le groupe Misaal enregistre depuis quelques mois à Paris un nouvel album qui devrait sortir au mois de décembre sur le marché sénégalais, a annoncé dimanche à l’APS son claviste Ousmane Wade.

‘’Nous sommes depuis quelques mois à Paris pour les besoins de l’enregistrement de l’album de Misaal qui avance très bien. Nous pensons le sortir au Sénégal en décembre’’, a dit Ousmane Wade.

Misaal s’est mis à la tâche après avoir signé son retour sur la scène musicale en novembre 2007 après une ‘’pause’’ de sept ans.

Wade a précisé que l’opus est, comme les deux premières cassettes du groupe, une autoproduction via l’agence qu’il a monté. ‘’Il sera composé de 13 ou 14 titres tous inédits sauf +Ayo Béyo+’’ qui a figuré sur le premier album ‘’Leer’’ (1996) ‘’mais revu avec un autre groove’’.

Selon le claviste, l’ambiance de l’enregistrement est ‘’magique’’. Il se déroule au studio du Point G avec l’ingénieur Serge Ganzberg qui a déjà travaillé avec de grands noms de la musique africaine et européenne.

Pour cet album, Misaal a invité d’autres musiciens : Moctar Samba (batterie), Jean-Philippe Rykiel (clavier, Louis Augusto (batterie), Jérôme Carroti (percussions) Cheikh Lô Diallo (Kora et piano).

Formé en 1988 à la Patte d’Oie (quartier de la proche banlieue de Dakar), le groupe Misaal est constitué d’une dizaine de musiciens d’appartenances ethniques différentes faisant adhérer le groupe à un style ‘’Afro’’. Il a à son actif deux autoproductions, ‘’Leer’’ (1996) et ‘’Salaane’’ (1998).

Dans un entretien accordé à l’APS, avant le retour sur scène du groupe, le claviste Ousmane Wade avait dit que Misaal allait s’inscrire ‘’dans la continuité de ce qu’il faisait’’ en y apportant ‘’plus maturité’’.

S’agissant du style et de la démarche du groupe, Ousmane Wade avait expliqué : ‘’on revient avec la même philosophie, celle de se démarquer de ce qui se fait communément en matière de musique ici au Sénégal ; jusqu’à même envisager de proposer un autre style de musique qui, on pense, va avoir l’adhésion du public’’.

Source: APS

Un film dédié à Youssou Ndour primé à Abou Dhabi

Le musicien sénégalais Youssou Ndour a été primé à l’issue de la deuxième édition du Festival international du film du Moyen-Orient (10-19 octobre) d’Abou Dhabi, à travers un documentaire consacré à l’enregistrement de son album ‘’Egypt’’ (2004) et à sa vie quotidienne, annonce un communiqué transmis à l’APS.

Intitulé ‘’Youssou Ndour : I bring what I love’’, le film documentaire réalisé par Elisabeth Chai Vasarhelyi a remporté le prix spécial du jury, d’un montant de 125.000 dollars (environ 60 millions de francs CFA), qui lui permettra notamment ‘’de vulgariser davantage la culture africaine’’, selon le communiqué.

‘’Ce film, qui retrace l’enregistrement de l’album +Egypt+, sorti en 2004 et la vie quotidienne de l’artiste’’, a été projeté en présence de l’ambassadeur du Sénégal aux Emirats Arabes Unis, Cheikh Sy, et de Youssou Ndour.

Au total, 70 œuvres (longs et courts métrages, documentaires) étaient en compétition lors de la deuxième édition du Festival international du film du Moyen-Orient, qui a démarré à Abou Dhabi avec un défilé de stars glamour. Le couple Antonio Banderas et Melanie Griffith, ainsi que l’actrice Meg Ryan et l’acteur Adrien Brody, étaient présents à la cérémonie d’ouverture du festival.

Ces films étaient en compétition pour les Black Pearl Awards, dont la totalité des prix s’élève à plus d’un million de dollars, selon les organisateurs.

Abou Dhabi, le plus riche des sept émirats de la fédération des Emirats arabes unis, a annoncé en septembre qu’il allait investir en cinq ans un milliard de dollars pour des productions cinématographiques en coopération avec de grandes firmes mondiales dont celles d’Hollywood.

Youssou Ndour a, quant à lui, déjà joué ‘’Amazing Grace’’, un film de Michael Apted qui retrace l’histoire de l’abolition de l’esclavage en Angleterre par le Parlement, au 18 e siècle, lorsque l’idéaliste William Wilberforce tente d’y mettre un terme.

L’artiste sénégalais y joue le rôle d’Alado Akiyano, un ancien esclave d’origine nigériane devenu poète et écrivain, ensuite best-seller, appelé à témoigne devant le Parlement et tous ceux qui sont concernés par cette lutte contre l’esclavage.

Source: APS

Africulturban : idéaux de jeunes

Créé le 2 février 2006 à Pikine, Africulturban est une structure qui compte actuellement 764 membres. Sans moyens, ni financement, ce regroupement de jeunes, unis derrière le BMG 44 à travers Matador, prêche depuis lors pour l’expression et le dynamisme des cultures urbaines africaines en favorisant les rencontres, les échanges, les formations et ateliers dans les domaines du rap, du slam, du graff, du Djing…., mais aussi dans l’organisation de concerts et festivals…

De retour d’un séjour, qui a duré un mois en Belgique dans le cadre d’ateliers sur les arts urbains initiés par la Fondation Jacques Gueux en 2002, le crew BMG sent la nécessité d’organiser le potentiel artistique des jeunes du milieu urbain à Dakar. L’idée de monter un projet dans ce sens bénéficie de l’adhésion de la fondation belge, mais les fonds permettant de s’offrir des locaux et les autres besoins logistiques, font défaut.

Lors des inondations en 2005, Matador organise un concert de sensibilisation et de soutien aux sinistrés. Il va rencontrer Amadou Diarra, Maire de Pikine Nord qui le met en rapport avec Baba Ndiaye, Directeur du Complexe Culturel Léopold Sedar Senghor de Pikine. En bon animateur culturel, le Directeur dudit complexe épouse l’idée des artistes, les assiste et met un local à leur disposition. Matador et ses amis arrivent ainsi à mettre en place la structure dénommée Africulturban qui est un condensé de « Afrique Cultures Urbaines », le 2 février 2006. Cet espace prendra vite les allures d’un vrai mouvement qui favorise l’expression artistique des jeunes dans les domaines des arts urbains, notamment le Rap, le Slam, le Grafitti, le Djing…

« A partir de rien, on doit pouvoir bâtir quelque chose » : telle est la conviction de Matador. Six mois après la création d’Africulturban, cette dynamique équipe épaulée par Amadou Fall Ba, coordonnateur général du mouvement, parviennent difficilement à monter la première édition du festival, dénommé Festa 2h en juillet 2006. Sans moyens ni sponsors de taille, l’événement a pu se dérouler avec un concert au Stade Alassane Djigo, des ateliers grâce à la bonne volonté d’amis suisses, dont Dj Vincz Lee, Green, Guy Rolland qui interviennent dans la formation en Djing et la contribution du parrain Dr Bill, professeur américain de marketing et un accompagnement de Afri’Cart…

Entre l’édition de juin 2007 et celle de juin 2008, Africulturban gagne plus d’expérience et de confiance. Des concerts gratuits qui drainent environ 4000 spectateurs à Thiès, Rufisque, Pikine et Ouakam sur des thèmes de sensibilisation importants comme le sida, l’émigration clandestine... Plus de 150 artistes se produisent sur ses scènes mais aussi participent aux ateliers et rencontres de Slam, Graff, Breack dance, Djing… La dernière édition dédiée au Canada, a connu la participation d’une vingtaine d’artistes canadiens soutenu par leur Etat à travers le conseil des Arts à hauteur de 25 millions de Fcfa alors qu’Africulturban ne parvient toujours pas à décrocher la plus petite subvention de la part du Ministère de la culture sénégalais.

« Ils ne comprennent pas la culture urbaine » se désole Matador concernant l’attitude des responsables du département de la culture mais garde espoir pour les éditions futures… Africulturban qui est aussi initiateur de la 1ère édition de l’Urban Session en janvier 2008, événement de hip hop, Roller, Graff, Breack, est également co-organisateur avec Kaay Fecc, de la 1ère édition du Battle Urbanation Bboy le 19 juillet dernier. Avec autant d’initiatives et de volonté, voilà une structure de jeunes artistes qui mériterait un meilleur sort de la part des mécènes, sponsors, des décideurs publics surtout du département de la culture…

Programme à venir
Samedi 18 Octobre : Concert action contre la faim en collaboration avec l’ONG Action Aid à l’Esplanade du Complexe Culturel Léopold Sédar Senghor de Pikine

Samedi 22 Novembre : Concert avec un groupe allemand d’afro beat en collaboration avec le Goethe Institut de Dakar à l’Esplanade du Complexe Culturel LSS de Pikine

Samedi 20 décembre : Concert pour commémorer la Journée International des migrants (18 décembre) à l’Esplanade du Complexe Culturel LSS en collaboration avec l’Organisation Internationale pour les Migrations et la distribution d’une compilation d’une vingtaine d’artistes sénégalais, camerounais, suisses et français.

Renseignement :+221 76 583 51 75 / +221 33 853 24 22

Email : amadou.africulturban@yahoo.fr

www.myspace.com/festa2hfestival

Photos: Election de Miss Afrika 2008 - Retour sur le défilé












Source: Grioo.com

Youssou N'dour « Je ne parle que de l'Afrique partout où je vais »

La star sénégalaise de la chanson, Youssou N'dour, a séjourné à Kinshasa dans le cadre de la vulgarisation de sa mutuelle Birima. Il a livré des concerts, au Grand Hôtel et à la Halle de la Gombe. Dans une interview exclusive qu'il a accordé au Potentiel, il parle de sa carrière, ses projets et de l'Afrique.

Youssou Ndour, grande star internationale, arrive pour la première fois en RDC sur invitation du ministre d'Etat en charge de l'Agriculture, Mobutu Nzanga. Quelles sont vos premières impressions en foulant le sol congolais ? .
D'abord je dis merci Dieu parce que j'ai toujours eu beaucoup de respect pour ce pays par rapport surtout à sa musique. Quand j'étais plus jeune, ma référence était Manu Dibango, Fela et aussi Franco Lwambo Makiadi. Je me disais que le jour j'irai là-bas ou j'y serai connu, ça me ferait vraiment du bien. En foulant le sol de Kinshasa, j'ai dit que ce jour est arrivé, que j'ai beaucoup pensé à Franco.

Parce qu'un jour, nous nous sommes rencontrés à Abidjan. Je venais de commencer. Je me souviens très bien, qu'il m'a appelé dans sa chambre d'hôtel et m'a dit : « t'as une belle voix ». Et il m'a encouragé. J'ai pensé à lui. En plus, j'ai été très bien accueilli par les gens, l'organisation et, bien sûr toute la direction du ministre d'Etat. C'est donc une première impression très positive.

Quel style de musique faites-vous ?.
Je faits deux styles de musique. La première, qu'on appelle le Mbalax, c'est la musique qui est partie de la langue wolof, avec les percussions qu'on appelle Saba. Cette musique, je la fais depuis très longtemps. La musique sénégalaise a été vraiment influencée par la musique latino-américaine cubaine.

Quand nous sommes venus, au sein d'une nouvelle génération, nous avons pris le rythme joué avec le saba pour le transposer avec les instruments modernes. C'est pour cela qu'on m'appelle le roi du Mbalax. Ça, c'est la première musique très populaire, mais aussi très complexe, parce qu'elle n'est pas basée sur ce qu'on appelle dans le monde de la musique le wan.

Soit, on a des notes (do, ré, fa, sol, etc.), sinon, on a le wan sur lequel tout le monde se base pour jouer. Dans le Mbalax, on ne marque pas le wan. C'est pour cela que, lorsque qu'on écoute le Mbalax et qu'on n'est pas très ouvert, on aura tendance à croire que c'est joué en contretemps. Contrairement à la musique congolaise qui a des fondements de wan, avec le beat régulier, nous n'avons pas ça au Sénégal. Mais, c'est fantastique.

Dans les années 1982-1983, j'ai fait une fameuse rencontre avec Peter Gabriel, qui est un grand musicien et un humaniste aussi. Il est d'abord venu à Dakar me voir parce qu'il avait entendu mon premier disque. Ensuite, il m'a invité chez lui. J'ai chanté dans son album sorti en 1985 intitulé « So ». J'ai chanté avec lui dans la chanson « Ignorance ».

Cette rencontre a été importante, parce qu'à ce moment, on a commencé à parler de « World music » il y avait Peter Gabriel, Paul Simon, Sting. J'étais là, à côté de Peter Gabriel. Nous étions là en train de mélanger des genres, des styles, etc. Et nous avons, sans le faire exprès, créé ce qu'on appelle la World music. Je me suis retrouvé dans un champ des sonorités extraordinaires de la World music et de la musique locale de mon pays.

Donc, je fais ces deux musiques. Des fois, je suis contraint de faire un peu plus que de World music ou un peu plus de Mbalax.

Quels thèmes exploitez-vous ?
De manière générale, je raconte la société en Afrique, des choses qui me plaisent et celles qui ne plaisent pas : l'amour, la foi, la solidarité.

J'écris aussi énormément des chansons qui peuvent être interprétées différemment. Mais, je n'évoque pas seulement des choses faciles ou belles. Je raconte les choses comme je les vis.

Je raconte la société où je vis. Et je pense que c'est comme ça, des fois, qu'on se rend compte qu'on est engagé. Je prends juste l'exemple de ma chanson « Mandela ».

Un jour, je regardais la télé avec ma mère, les images de l'Afrique du Sud pendant la période de l'apartheid. Les commentaires à la télé étaient en français. Et j'étais en train d'expliquer à ma mère analphabète toute l'histoire de l'apartheid.

Elle s'est exclamé : oh ! Ils sont méchants ces Blancs. Le lendemain je me suis dit : « comme il y a plus de femmes analphabètes, je vais écrire une chanson pour toutes les femmes ». Voilà un peu le contenu de mes chansons : je parle de politique, indirectement, mais je pense que ma musique me permet de dire ce que je pense.

N'êtes pas un chanteur engagé comme les Ivoiriens Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly ?
Non, je ne fais partie d'aucun parti politique. C'est connu au Sénégal. Chaque fois qu'il y a des élections, je garde une position de neutralité. Mais, je suis cohérent comme ça. Je crois sincèrement que je suis un militant du peuple.

Dans quel cadre avez-vous effectué une visite à l'hôpital général de Kinshasa ?
C'était dans le cadre de Witness. C'est une organisation qui lutte contre le Sida, qui essaie, par des moyens un peu différents, d'attirer l'attention. Witness donne, par exemple, des caméras à des séropositifs. Ça leur permet de filmer des situations, des trucs, de faire des reportages, et des pressions aux gouvernements. Witness essaie également d'aider les séropositifs à trouver des médicaments.

Dans le cadre du Congo, où il y a énormément d'inquiétudes par rapport au Sida, nous avons une lettre de l'archevêque sud-africain Desmond Tutu pour attirer l'attention du gouvernement congolais sur la situation des sidéens. Nous devons remettre cette lettre au chef de l'Etat.

Nous avons rencontré le ministre de la Santé à qui nous avons remis la lettre qu'il va transmettre au chef de l'Etat. Nous avons donc été à l'hôpital général où la situation est vraiment très difficile. Je pense qu'il faut beaucoup plus d'efforts à l'hôpital pour que les séropositifs soient pris en charge. C'est ça Witness.

Star, patron d'un groupe de presse, de la Fondation Birima Youssou Ndour a-t-il finalement plusieurs casquettes ?
Je n'ai jamais eu de plan, de vision. Je n'avais de plan que pour ma musique. Prenons l'exemple de la manière dont je suis devenu ambassadeur de l'Unicef. Quand j'ai commencé à être connu au Sénégal, à chaque fin d'année, je faisais le tour des écoles des plus petits pendant trois jours pour faire des play-backs. Les enfants ont adoré cela. Dans une journée, je pouvais faire quatre écoles. C'était quelque chose d'extraordinaire. Et cela continue aujourd'hui avec d'autres chanteurs. Je pense que l'Unicef a suivi cela.

Au bout de 2 à 4 ans, elle m'a nommé ambassadeur de l'Unicef. Automatiquement, j'étais, plus ou moins, en charge de promouvoir les droits de l'enfance. Tenez. Lors de la tournée que j'ai faite avec Peter Gabriel, nous avons beaucoup parlé des droits de l'homme. Ensuite, nous avons été membre d'Amnesty international. A propos de la presse, c'est parti d'une réaction autour d'un bol de riz. Nous nous sommes dit que si nous n'essayons pas de faire quelque chose, cette presse ira à la dérive, parce qu'il y a beaucoup de jeunes journalistes, il y a beaucoup de professionnels, mais il y a aussi de mauvais.

Donc, à trois, un bijoutier, l'entrepreneur Jean Lefèbre et moi, nous avons commencé à faire la presse. Nous sommes Tandjan du journal Le Matin. Nous avons mis un peu d'argent en se convenant de partager le tout. Nous ne nous sommes pas entendus au bout de quelques mois. A nouveau à trois, nous nous sommes retirés. Et comme le virus était là, nous avons décidé de créer un groupe qu'on a appelé Com7. Le groupe a évolué avec la bénédiction de Dieu jusqu'à devenir numéro 1. Ensuite, nous avons eu des problèmes.

On ne s'entendait plus à cause de la ligne éditoriale ; il y avait beaucoup de choses que je ne comprenais pas. J'ai toujours voulu que ma presse reste neutre dans toutes les situations. Je pense que, pour des intérêts, c'était difficile. Donc, je suis parti. Mais, j'ai résolu de rester dans la presse. J'ai créé Futur Média où j'étais seul. Pour être sûr que je maîtrise la chose, j'ai d'abord fait une radio sportive : le Sport FM. Ensuite, la radio est devenue généraliste, la Radio Futur Média, et on a créé L'Observateur.

Ce n'est pas pour prendre le devant que je me suis lancé dans la presse. Je veux participer et je pense que la presse doit tendre le micro à tout le monde, même lorsqu'on n'a pas d'argent. Aujourd'hui, mon groupe de presse compte plus de 160 personnes. Nous avons le plus gros tirage du Sénégal, 60.000 exemplaires par jour.

La radio est le numéro 2 du Sénégal. Nous avons obtenu la licence pour une télévision qui pourra être opérationnelle avant la fin de l'année. Tout cela me fait énormément plaisir, de voir tous ces jeunes sortis du CESTI, école de formation des journalistes. J'ai donc offert du travail à au moins deux sections qui sont sorties du CESTI.

C'est un acte économique pour moi. Mais, il y a des gens qui m'accusent d'utiliser cette presse pour des ambitions, peut-être politiques, demain. Sincèrement, ils se trompent. J'ai posé un acte économique. J'ai fait confiance à des professionnels. Ça s'arrête là. Même ma musique, je ne demande jamais qu'on la programme à ma radio. Au sujet de Birima, je dis que j'habite en Afrique. Quel que soit le développement de ma carrière, je suis basé en Afrique. Même si j'ai deux jours, je rentre sur Dakar et, trois jours après, je suis à New York. Je me replie toujours vers chez moi, pour ma musique, ma famille et énormément de choses. Je suis humain, je sens les choses.

Au Sénégal, je reçois plus de cent lettres par mois 80 % d'entre elles sont des demandes d'aide. J'en ai fait beaucoup et je me suis rendu compte que cela ne va pas servir à grand-chose. Un jour, à la veille de la grande fête de Tabaski, j'ai reçu un garçon. Lors de notre échange, il m'a dit : « je suis venu pour vous emprunter de l'argent et non pour demander de l'aide.

Je travaille, je suis cordonnier. Si j'ai 200.000 FCFA, je pourrais fabriquer des chaussures, les revendre et une semaine après la Tabaski, je viens vous rembourser ». Je lui ai remis 200.000 FCFA. Il m'a demandé de me signer un papier, mais j'ai refusé. Mais, il a insisté. Il est revenu, avec de belles babouches et mes 200.000 FCFA. Je me suis rendu compte que je venais de faire mon premier micro-crédit. Ça m'a inspiré. Je me suis souvenu de la phrase : au lieu de me donner du poisson, apprends-moi à pêcher.

Ça ne sert donc à rien de mettre des gens en rang chez vous en leur donnant 10 Usd par-ci, 5.000 FCFA par-là. Je suis donc allé chercher des professionnels pour discuter avec eux. Nous avons fait le business-plan de Birima, qui devrait consister à prêter de l'argent, peut-être pas avec garantie pour certains. Et soudain, le bureau de Benetton m'invite pour animer les 60 ans d'anniversaire de son groupe à Paris.

Je joue dans la soirée. M. Benetton était tellement ému, qu'il m'a demandé de rester un jour de plus à Paris. Cela a bouleversé mes engagements à Dakar. Je suis donc resté et il est devenu fan de ma musique. Il m'a invité à Venise deux mois après. Il m'a demandé ce que je voulais faire. Je lui ai répondu : le micro-crédit. Il a tellement apprécié l'idée qu'il m'a offert sa campagne institutionnelle mondiale afin que je l'utilise pour parler de mon projet de micro-crédit. Nous sommes ensuite allés à l'Atrapica, un lieu de réflexion artistique.

Nous avons fait le tour du système. Il m'a envoyé des photographes, jusqu'à ce que le projet soit mis en place. Enfin, il m'a donné la campagne évaluée à 12 millions d'euros dans le monde. C'est parti comme cela. Sur Birima, je me suis dit que je travaille et gagne de l'argent, Dieu merci. Aujourd'hui, j'ai de quoi nourrir mes enfants. Je ne cherche rien d'autre, c'est simplement mon travail. Je me dis qu'il faut quand même faire du social. J'avais donc pris 150 millions de FCFA et j'ai misé comme si je le donnais simplement. Et c'était le début de Birima.

Comment on y souscrit ?
Il y a des professionnels pour cela, et j'espère qu'ils vont bientôt venir aussi à Kinshasa. Mais, j'ai eu une extraordinaire idée : les gens qui n'ont pas de garantie n'ont qu'à venir devant la caméra, nous parler et dire : si je ne rembourse pas, vous pouvez diffuser les images à mes parents. Et je pense que cela fonctionne. On ne peut pas changer les règles de la banque. Mais, cette formule, cette petite innovation intéresse énormément.

Birima marche comme un mrcor-crédit et dès qu'on l'a lancé, des milliers de personnes se sont ruées vers Birima. Il y a même des gens qui n'ont pas besoin de crédit, mais viennent plutôt verser de l'argent en banque pour participer et non emprunter de l'argent. Les institutions financières dans le monde entier nous ont contacté.

Elles sont en discussion et on attend de grands accords qui seront issus de ces concertations. J'ai discuté avec le ministre d'Etat chargé de l'Agriculture ici à Kinshasa, qui est quelqu'un de très social aussi et veut participer.

C'est pour cela qu'on va délocaliser Birima ici en RDC, en tenant compte des réalités et des images du pays, avec de la musique également, parce que Birima, c'est aussi une chanson. On va mettre toute la stratégie de Birima sur place pour son bon fonctionnement. Et au-delà même de Birima, je pense que l'agriculture, dont le ministre d'Etat est en charge, pourrait en bénéficier. Mais, il faut un mouvement.

Nous avons créé le label et nous allons le mettre ici. Toutes les opportunités de financement que nous aurons dans le monde, seront partagées et il y aura une part pour la RDC. Il faut donc que les Congolais s'y mettent pour que ça fonctionne. Il y a beaucoup de demandes. Mais, j'en fais un peu mon affaire personnelle pour examiner chaque demande, voir le profil de celui qui veut lancer Birima dans son pays (il est qui, il pèse combien, etc.). C'est vrai qu'il n'y a pas d'or, ni de diamant dans Birima, mais c'est quant même mon nom, ma réputation. On ne peut pas mettre cela entre les mains de n'importe qui.

L'édifice de Lwambo a disparu après sa mort. Avez-vous pris, en ce qui vous concerne, des précautions pour que Birima ne disparaisse pas après vous ?
J'espère que Birima ne disparaîtra pas après moi. Lorsqu'on fait beaucoup de choses comme moi, on se retourne et on voit des plus jeunes, des enfants, des frères qui ont la même hargne et la même vision. Je pense qu'on peut être plus tranquille. Aujourd'hui, dans le cadre de la musique, je suis un homme comblé. Depuis une quinzaine d'années, je pense que je produis plus de 60 % de la musique sénégalaise. Ces dix dernières années, tous les artistes, les nouvelles vedettes, chanteurs et chanteuses, sont passés par mon label. Rien qu'avec ça, je suis comblé. Car, c'est un héritage.

Quand ils chantent, on dit que c'est du Youssou Ndour. Dieu merci. Mes parents m'ont donné une bonne éducation que j'essaie de la transmettre à mes enfants, tout en les protégeant, à ne les mettant pas dans une situation où tout est parfait. Ils doivent affronter la vie au vrai sens du mot, mais, en background, savoir que Papa a travaillé. Si Futur Média tombe, il n'y aura aucun effet vital ou économique sur moi, peut-être émotionnel. Si je disparais, j'espère qu'il n'y aura pas d'effet sur eux (les enfants), parce que j'ai mis des professionnels, des gens qui prennent Futur Média au sérieux plus que moi.

Vous avez annulé votre tournée aux Etats-Unis pour protester contre la guerre en Irak. Ensuite vous avez rencontré le président Georges Bush. Quelle a été la teneur de cette entrevue ?
Nous avons escamoté cette parenthèse lors de notre entretien. Il savait et moi également, mais nous n'avons pas abordé la question. Peut-être parce qu'il était en face d'un trop petit et ça n'a pas d'effet pour lui. On parlait d'autres choses. J'y étais avec Bono, etc. et on a pris le café ensemble. Nous sommes restés très longtemps, et j'ai pu relever ses efforts pour la lutte contre le Sida, le paludisme. Je l'ai encouragé et je lui ai dit ce que je pensais sincèrement : si l'Amérique peut vraiment gagner une guerre, c'est celle contre le Sida, contre le paludisme, mais pas les autres guerres.

Nous nous sommes revus deux ou trois fois. C'est bizarre, mais c'était comme si nous nous connaissions. Franchement, je suis contre Bush. Mais, la vie a fait qu'en gentleman. C'est quant même le président des Etats-Unis. J'ai des fois l'opportunité de le voir et, lui parler de l'Afrique. Quand on parle du continent, quand on donne des chiffres, je vérifie. Des fois, le G8 dit qu'on va donner 5 milliards Usd en Afrique, mais ne donne rien. Et notre organisation suit si ce qui est dit se réalise.

Je rencontre donc le président Bush et ça se passe normalement. On n'a jamais parlé du boycott de la tournée. Je ne suis pas non plus Michael Jackson, ni Bruce Springsteen. Aux Etats-Unis, ce boycott a eu un effet modeste.

Qu'est-ce qui explique votre modestie, votre simplicité ?
Je remercie mes parents. J'ai été élevé et éduqué d'une certaine manière. J'ai peur d'être isolé, je veux être avec les gens. Ça me gêne de porter des bijoux, je veux paraître comme tout le monde. Ça me gêne de conduire des voitures dans un milieu pour créer de l'insolence. Et pourtant, j'ai des moyens, je peux faire tout ce que je veux si Dieu le veut. Je ne mets pas les bijoux, j'ai été éduqué comme cela. Et Dieu merci, ça se passe très bien.

N'est-pas une leçon que vous donnez aux musiciens congolais qui aiment bien vivre dans le luxe ?
J'ai beaucoup de respect pour les musiciens congolais. Je pense que chacun a sa vision, son style. Ça n'enlève en rien le talent. Je ne considère pas les bijoux, les voitures, etc. J'écoute : ce sont d'excellents chanteurs.

Le Congo est en guerre. Mais, on a l'impression que l'élite africaine, les intellectuels, les artistes ne s'intéressent pas à ce pays qui est pourtant le coeur de l'Afrique. Selon des analyses, des personnalités comme Cheikh Anta Diop, Kwame Nkrumah, sans le Congo, l'Afrique ne peut décoller. Quelle est votre analyse à ce sujet ?
J'ai comme l'impression qu'il y a de la stratégie derrière ce pays. Ce n'est pas normal que, chaque fois que ce pays essaie d'aller dans le sens du progrès, qu'il connaisse des perturbations. C'est peut-être une affaire des intérêts intérieurs ou extérieurs. Je crois que l'Afrique devrait reconnaître ce que nos savants, nos historiens ont dit. Le Congo est le coeur de l'Afrique. Et « chacun pour soi, Dieu pour tous » ne fonctionne pas. Si le Congo est déstabilisé, d'autres pays le seront également. Je pense qu'il y a quelque part des non-dits.

On a même l'impression que c'est du bluff. Pour tirer la richesse de ce pays, on fomente une guerre ici pour récupérer là-bas, je ne comprends pas vraiment. Je souhaite sincèrement que la paix définitive soit installée dans ce pays, que la démocratie, qui a commencé ici (rien n'est parfait), puisse continuer vraiment pour ce pays. Et que le pouvoir fasse rapidement des efforts, -je ne sais pas comment-, pour que le Congo ait des infrastructures.

On ne peut pas manger que des choses qui viennent de l'extérieur pendant que, dans notre propre pays, il y a des cultivateurs qui mettent 5 jours pour arriver dans une autre ville, l'avion met 7 heures de temps pour nous amener d'un continent à un autre. C'est une grande question pour le pouvoir. Un pays, c'est la communication, l'éducation, la santé et les infrastructures.

Sans cela, ce n'est pas possible. Des fois, tous les problèmes viennent de l'irresponsabilité. Moi, je suis l'ambassadeur du Congo et de l'Afrique. Je ne parle que de l'Afrique partout où je vais. Je suis d'accord que la mobilisation et la conscience des gens puissent faire évoluer les choses.

Source: Africa hits

L'homosexuel Pape Mbaye a New York: des sénégalais m’insultaient dans le quartier 116 mais j’attendais qu'ils me touchent pour que j’appelle 911''

Mis au parfum de l’information, votre serviteur s’est lancé dans une enquête digne d’un film policier californien pour rencontrer l’homosexuel Sénégalais(e) qui a échappé il y a quelques mois seulement à un lynchage aussi bien à Dakar qu’à Banjul.

Après quatre jours d’investigation, nous parvenons a nous procurer son numéro de portable et par un suprême hasard ce jour-la, Pape Mbaaye devait passer la nuit à New York dans le quartier de Harlem puisqu’il devait voyager le lendemain sur l’invitation d’une célèbre Drianké sénégalaise installée aux States.

Il ou (elle) accepte de me rencontrer. Auparavant Pape Mbaay me fait comprendre qu’il ou (elle) est déja au courant qu’un journaliste sénégalais cherche à le (la) rencontrer. 118e rue sur lennox avenue, dans l’appartement de la "drianké" en question, et suite à notre conversation téléphonique dans la nuit du 27 au 28 Août 2008. Il est 23h 45 quand je suis accueilli sur les lieux. Au premier coup d’œil, à l’autre extrémité du salon je reconnais Pape Mbaay du fait de ses nombreuses paritions dans la presse. Assis (e) sur le plancher, les deux jambes allongées et écartées, le buste incliné vers l’avant, il (elle) est en pleine conversation avec une "drianké". Cette dernière est une sénégalaise avec un fort accent gambien.

Je m’installe dans le fauteuil juste à l’entrée du salon. Et Pape Mbaay me lance : " c’est toi donc le journaliste sénégalais qui me cherchait partout ? "

Affirmatif ! répond votre serviteur.

Bienvenue dit-il (elle), "comme tu peux le constater je suis bien là aux Etats Unis en chaire et en os". Toutes ses paroles sont accompagnées d’une gestuelle très féminine. Il (elle) se redresse, puis se met debout et comme un mannequin sur le podium de YSL, Pape Mbaay fait quelques déhanchements avant de se rassoir lançant à qui veut l’entendre qu’il est désormais libre de tous ses mouvements." FII MOOM FREEDOM REKK !" ( ndlr : "Nous sommes ici dans un pays de liberté", en langue Wolof.) " Au Sénégal, on insulte les Goordjigueen"(homosexuels) ou on nous frappe. D’ailleurs à la 116e rue, il y avait de jeunes sénégalais qui m’insultaient mais j’attendais juste quelqu’un d’entre eux me touchent pour que j’appelle le 911( numéro de secours de la police américaine)".

Jean court moulant et un haut noir avec des bretelles frappées d’une broche argentée assortie à deux boucles d’oreilles ; les cheveux peignés vers l’arrière, Pape Mbaay est bien en "terre promise". Et comme pour justifier qu’il (elle) est dans son élément, il (elle) se confie : " tu sais, ce qui me plait le plus dans ce pays ; c’est que je suis venu rejoindre mes semblables : "DAMAA FEKSI SAMAY MOROOMOU DIEEK"

Brusquement, elle(il) se tourne vers la "drianké" à l’accent gambien pour lui demander le nom de la rue ou ils étaient trois heures avant notre entretien. " Christopher street( ndlr : Une rue située entre la 8e et 12è avenue fréquentée par les gays et autres lesbiennes de New York)", répond la bonne dame.

Comme un adolescent excité, Pape Mbaay sursaute : " Ah franchement ! J’étais aux anges quand j’ai vu mes pairs là-bas, tous les couples étaient du même sexe et à les voir marcher ensemble, tu parviens à lire le bonheur sur leur visage. Maintenant il faut que je m’occupe de mon corps et quand je serai en forme, j’irai chercher un bon et riche mari Américain".

Sidéré par ces propos, votre serviteur lui demande de passer à l’essentiel, c’est à dire l’interview et la séance de photos dans la rue à l’angle de la 118è.

"Combien tu me paies ? " demande-t-elle(il).

Je lui réponds que je n’avais rien prévu pour ça !

" Ah toi aussi, ici tu es aux States et time is money ! Toutes les interviews que j’ai accordées au Sénégal j’ai été payé". Il (elle) prend son sac à main et me montre les magazines en question qu’il (elle) par devers elle comme un trophée de guerre.

Avec un air sérieux, elle lance : " honnêtement si tu ne peux pas me payer je ne t’accorderai pas l’interview".

La "drianké" à l’accent gambien s’invite dans le débat en me demandant d’être raisonnable : " Mais toi aussi, Pape Mbaay est une star". Avec l’accent gambien, elle me dira " KII DAFFA DEFF JALOORE SENEGAAL" ( il a fait des exploits au Sénégal) ç’aurait été ici aux Etats Unis, il (elle) allait gagner beaucoup d’argent en sortant dans la presse.

" Jalloré ? ", s’exclame votre serviteur. Et puis je me résigne à marchander. " Bon combien tu demandes pour faire cette interview ?" Après une courte réflexion, Pape Mbaay me demande 2000 dollars ( environ 900 000 francs CFA).

Un montant que je trouve trop excessif. Je lui en propose mille qu’il refuse. C’est le moment choisie par la maitresse des lieux( celle qui m’avait ouvert la porte) pour y jeter son grain de sel. " 1000 dollars moom daffa touti"( 1000 dollars c’est trop peu).

Puis Pape Mbaay reprend la parole : " Si tu me paies 2000, je te dirai comment je suis arrivé aux Etats Unis et puis beaucoup d’autres choses. Le Sénégal est peuplé de Gordjigueen, je te dirai qui est qui ? "

Pour recadrer le débat, je fais comprendre à Pape Mbaay que j’ai déjà beaucoup d’informations sur comment il(elle) est arrivé(e) aux Etats Unis, les pays par lesquels il(elle) a transité et surtout qu’il(elle) a changé de prénom et que désormais elle(il) s’appelle Steffany. Du coup, durant tout le reste de la conversation, je ne l’appelais que que par son prénom. Ce qui ne dérangeait aucunement Pape Mbaay(Steffany) qui marqua une pause avant de me demander ma source. Cette requête se heurte à mon refus catégorique. Il(elle) réfléchit un moment avant de me dire " je sais qui t’a donné ces infos".

Ne voulant pas continuer sur ce terrain très sensible, je décide encore de continuer le marchandage.

Quelques minutes plus tard, n’ayant plus le choix, puisque sachant que je dispose de bonnes informations sur son périple, Steffany accepte l’interview à 1000 dollars.

Ne disposant pas d’assez de cash(argent) sur moi, je prends mon téléphone, appelle le taximan qui m’attendait dans la rue pour lui demander de me prêter la somme.

Ce qui fut fait quelques minutes plus tard.

Mais à ma grande surprise, le travesti change d’avis " je ne pourrai pas faire de photos en ce moment" me dira-t-elle(il) !

Pourtant, j’avais déjà fini de faire la mise au point de l’appareil photo. Cependant malgré la déception, je voulais savoir quand même ce qui lui a fait changé d’avis aussi brusquement.

Pape Steffany Mbaay dira : " en ce moment la mine que j’ai ne reflète pas le vrai visage de Pape Mbaay. Je viens de débarquer aux Etats Unis et je dois reprendre soin de mon corps. Lorsque je serai bien installé avec villa et voiture, mes papiers américains en main, je t’enverrai de belles photos. I don’t care"

Mais tu parle anglais maintenant ? lui demande votre serviteur.

" En tout cas j’arrive à dire ce que je veux" répond Pape Mbaay(Steffany).

Je décide de revenir à la charge : " pour que je te paies, il me faut vraiment les photos parce que je sais déjà l’essentiel de ce que tu dois me dire".

" Oui mais il y a encore des choses que tu ignores" renchérit mon interlocuteur(trice).

Il(elle) reprend son sac à main, y sort plusieurs photos prises en Afrique du Sud et à Dakar, me les tend tout en prenant le soin de me prévenir que je ne pourrai pas les trouver à Dakar parce qu’elles sont uniques.

Après une dizaine de minutes de discussion, Pape Steffany Mbaay campe toujours sur sa position. Ok pour l’interview mais sans photos prises à New York.

C’est en ce moment que j’ai choisi de lui dire que cette rencontre sera relatée dans les colonnes de votre magazine.

" Mais çà, tu n’a pas le droit " répliqua la "drianké" à l’accent gambien. Et il faut que Pape Mbaay ( Steffany) soit d’accord. Et Steffany de me dire : " si tu publie cette conversation, saches que tu n’as pas mon consentement. Et le jour du jugement du jugement dernier, on le réglera devant Dieu".

C’est le moment choisi par votre serviteur pour prendre congé de Pape Mbaay, Oh pardon, de...Steffany !

NB : Certainement il a du emprunter le nom de Steffany en Afrique du SUD, ce qui lui a permis d’avoir un passeport et un visa afin de se rendre aux Usa. Une piste a emprunter par les journalistes investigateurs.

Source: Dakar Life Magazine

Finale Elite Model Look Senegal: 50 candidates vont rivaliser de charme

La finale de la 2ème édition de Elite Model Look Sénnégal se tiendra le samedi 11 octobre au Méridien Président avec au programme Youssou Ndour et Koffi Olomidé.

Les 50 candidates sélectionnées pour cette grande finale vont rivaliser de charme pour succéder à Khadiatou Gaye et Awa Diaw, lauréates de l’édition 2007, en présence des plus grands noms de la mode et de la coiffure au Sénégal.

Créé en 1983, le concours de top model de l’agence Elite est devenu un événement de renommée internationale. Depuis l’an dernier, l’équipe d’Elite Model Look couvre tout le Sénégal pour découvrir les top-modèles de demain. Ce concours international représente une opportunité unique pour les Sénégalaises d’être directement remarquées par les plus grands professionnels de la mode qui les accompagneront et les guideront tout au long de leur carrière.

Source: ausenegal.com

Regards: La beauté (fatale ?) des Sénégalaises

Nul ne peut contester ce qui est avéré. Être au Sénégal et ne pas aimer la beauté de la femme sénégalaise, cela paraît impossible au Malien que je suis. Au fait, les femmes - par leur beauté, leur parure et leur façon de prendre soin de l'homme - poussent beaucoup d'étrangers de ne plus retourner dans leur pays d'origine.

Ah oui ! Je jure sur le Saint-Coran que c'est vrai. Ils sont nombreux ces hommes étrangers qui n'ont pas résisté à la puissante arme de séduction de la femme sénégalaise.

C'est pourquoi je dédie le regard extérieur de ce matin à la beauté (fatale ?) de la femme sénégalaise afin de lui donner tous les mérites. Quelques jours avant mon départ pour le pays du président-poète Léopold Sédar Senghor, pour y faire mes études, mon père m'appelle dans son bureau et me conseille ceci : «Adama, fais attention à la femme sénégalaise». Ma réponse a été : «Ne t'inquiète pas. Je serai là-bas uniquement pour les études. Je ne penserai même pas à la femme.

Une fois les études terminées, je rentre au bercail». Ça c'était avant de fouler le sol sénégalais. Mes chers amis, une fois à Ndakarou, devinez. Je suis là depuis 2005. J'ai fini avec les études et maintenant je cherche à … épouser une femme sénégalaise. Pourtant, en venant ici, j'ai laissé derrière moi une promesse de mariage. Je me rends compte, aujourd'hui, que la réalité est tout autre.

Source: L'observateur

Aphsatou Sy: A la rencontre d'une liane perchée sur hauts talons

Les escarpins claquent sur le parquet. Le pas est efficace. Quelques enjambées suffisent à traverser la pièce qui nous sépare. Hauts talons vernis, roses et pointus. La silhouette d'Hapsatou Sy est fine. Elle aurait pu être mannequin. « Impossible, rigole-t-elle, je ne fais qu'un mètre soixante-sept ! »

Elle choisira donc une autre voie, celle de l'entreprise. Avec ses risques, ses montées d'adrénaline, ses coups durs, ses surprises et ce « grain de folie » qui lui plaît tant. A 26 ans, cette jeune femme née d'un père sénégalais, d'une mère mauritanienne n'a pas une seconde à perdre.

Une longueur d'avance: Son entreprise Ethnicia est florissante. Elle a vu le jour il y a deux ans et demi à peine. A l'époque, Hapsatou n'a qu'une centaine de milliers d'euros en poche. Et son affaire ne compte que deux personnes : elle et son associé. Mais à force de travail, son premier centre de beauté ouvre en 2005. 120 m2 au cœur de la très chic Île Saint-Louis. Aujourd'hui, la jeune femme dirige quinze employés. Son deuxième centre de soins a été inauguré fin janvier. 230 m2 dans le 15ème arrondissement de la capitale. 4000 clients, un chiffre d'affaires qui a bondi de 400%.

Son secret ? Du travail et une détermination extrême
« Au départ, j'étais quasiment seule à y croire, confie-t-elle. Mais quand on veut arriver au bout de son rêve, on est prêt à tout. Je me suis serrée la ceinture. ». Dès lors, Mademoiselle Sy ne compte plus ses heures. La jeune femme est une lève-tôt et…une couche tard. Tant mieux. Ses journées commencent généralement vers 7h00. Direction l'ordinateur. Ensuite s'enchaînent coups de téléphone, négociations avec les fournisseurs, rendez-vous. Un rythme effréné qui se termine souvent après minuit. La jeune femme se bat. Elle est passionnée. Les banquiers ne veulent pas l'aider ? Elle pioche dans ses économies. Les fournisseurs veulent être payés ? Elle négocie et obtient des délais. Le salon doit être rénové ? Elle fait elle-même la décoration. L'idée qui la motive : créer un centre de beauté multi-ethnique.

Un même espace où le cheveu raide, crépu, souple ou ondulé pourrait se côtoyer. Un concept original dans le monde de l'esthétique. Né d'un constat simple : « la France est de toutes les couleurs. La France est métisse. Trop souvent, raconte Hapsatou Sy, il m'est arrivé de pousser la porte d'un salon et on me refusait les soins. Pas du tout à cause de ma couleur de peau, mais par manque de savoir-faire. » Un voyage à New York lui donne le déclic et le petit coup de pouce pour se lancer dans l'aventure. Là-bas, elle entre dans un centre de beauté et constate que des clientes de tous horizons se font coiffer. Indifféremment. Elle en restera ébahie. « Je me suis dit, si c'est possible ici, tout est possible. » Dès son retour en France, elle démarre son projet. Mais n'allez pas croire que la bouillonnante Hapsatou met sa vie privée de côté. Sa famille et ses amis comptent énormément. « Je me donne le temps de voir les gens que j'aime, il n'y a pas de réussite sans une vie privée équilibrée, » confie-t-elle. Sportive, elle aime courir. Sa discipline préférée : la vitesse, elle déteste l'endurance…

« J'ai mis au monde un homme »
Sa recette pour mener tout de front ? Difficile à dire. Même ses parents ne se l'expliquent pas. Troisième d'une famille de huit enfants, Hapsatou s'est toujours débrouillée, enchaînant les petits boulots. Aujourd'hui, son père dit de sa fille : « j'ai mis au monde un homme. » Et elle d'ajouter d'un air amusé : « Ne vous en faites pas, c'est un compliment. Certains en Afrique disent qu'il n'y a que les hommes qui sont censés réussir. » Hapsatou fonce, et cela, dès son plus jeune âge, sans s'embarrasser des remarques sur sa façon de faire. Son baccalauréat en poche, elle poursuit son cursus avec un BTS en commerce international. Débute ensuite l'alternance chez Econocom, un grand groupe de services informatiques et télécoms. Très vite, à 22 ans, elle est nommée responsable des marchés internationaux.

Très vite, elle avoue « avoir fait le tour. » Sûre d'une chose : la vie est courte. Angoissée par le temps qui passe : « On passerait vingt-cinq ans de sa vie à dormir » remarque-t-elle dans un souffle. Pas le temps donc, de se reposer sur ses lauriers. La jeune femme est même passée à la vitesse supérieure. Elle veut désormais voir les choses en grand et développe une nouvelle stratégie pour son entreprise. Lauréate du concours de la société de gestion immobilière Unibail-Rodamco, destiné à lancer de jeunes créateurs, elle va s'installer, en septembre dans l'un des dix-sept centres commerciaux franciliens d'Unibail-Rodamco (Forum des Halles, Parly 2, Carré Sénart), fréquentés chaque année par près de 200 millions de visiteurs. « Je vais entrer dans la cour des grands », se réjouit Hapsatou Sy. Le quartier de la Défense doit accueillir le troisième salon de la jeune entrepreneuse.

Parallèlement, elle lance une marque de maquillage, d'extension pour cheveux et développe sa propre chaîne de centre de soins sous le label Ethnicia. « J'espère arriver à cinquante salons en cinq ans, précise-t-elle. Où ? Et bien partout ! En France, en Europe. But ultime : New York. Comme un hommage à cette ville qui lui a inspiré son salon. « Là, enfin, assure la jeune femme, je n'aurais plus rien à prouver. » Difficile de croire qu'elle s'arrêtera là.

Regardez la video
Hapsatou, 25 ans, fondatrice d'Ethnicia

Source: Ferloo

Birima: You à la conquête de l'Afrique centrale

Entre un featuring avec Koffi Olimidé et le lancement du concept « Birima » au Congo, le patron du Super Etoile se lance dans la conquête de l'Afrique Centrale.

En visite chez Kabila du 12 au 13 septembre dernier, You a animé une soirée et un concert, procédé au lancement du concept « Birama » et fait une série de visites aux personnes vivant avec le Vih/Sida avec la fondation Witness de Peter Gabriel.

Après l'Europe et les Usa, le patron du Super Etoile s'est lancé à la conquête de l'Afrique Centrale. Où le Mbalax a du mal à s'imposer ou alors ce sont les musiciens qui ont du mal à imposer leur musique. Depuis quelque temps, de Dakar à Kinshassa en passant par Yaoundé, le featuring de Koffi Olimidé et du roi du Mbalax Youssou Ndour viennent fait fureur sur les ondes des radios africaines. Un tube dans lequel Koffi chante la styliste Diouma Dieng Diakhaté. Ce morceau est un l'un des titres phares du dernier album « Festival » de Koffi Olimidé. Parti récemment à Kinshasa, RD Congo, le patron du super Etoile Youssou Ndour a donné deux grands concerts les 12 et 13 septembre derniers, respectivement en dîner de gala au Grand Hôtel Kinshasa et en concert populaire au Cercle français.

Joint au téléphone, Mady Dramé le manager de Youssou Ndour a indiqué que ce déplacement de You au Congo fait suite à une invitation du ministre de l'Agriculture et du développement rural par le biais d'un promoteur privé. Koffi a chanté « Birima » avec Youssou Ndour. Il y a également J. B Mpiana qui a chanté avec Youssou Ndour « Pitchmi » ( oiseau) qui a laissé une bonne impression au public. En marge de son déplacement au Congo, Youssou Ndour a procédé à une série de visites. En compagnie de deux membres de la fondation Weathness, de Peter Gabriel, le patron du Super Etoile Youssou Ndour a rendu visite à des malades du Sida à l'hôpital général du Congo. Il a procédé également au lancement du concept « Birama » en présence du ministre d'Etat Congolais de l'Agriculture et du développement rural, Nzanga Mobutu.

Le concept Birama est tourné vers l'agriculture. Youssou Ndour va apporter l'expertise et l'expérience nécessaires aux Congolais pour que le concept Birima soit un succès comme c'est le cas au Sénégal.

Source: L'observateur

Défilé d’artistes jamaïcains cette année à Dakar

Le Sénégal est-il en train de devenir un carrefour du reggae en Afrique ? Tout porte à le croire, au vu des passages successifs en cette année 2008, de grandes têtes d’affiche du reggae mondial. De I Jah Man en passant par Morgan Héritage à Richie Spice, qui ont foulé le sol sénégalais pour redonner le ton à la musique de Marley, il semble évident que les rasta ont le vent en poupe au Sénégal, après une longue période où ils ont été caricaturés comme des « désaxés et fumeurs de l’herbe qui tue ».

Les balbutiements d’un renouveau du reggae au Sénégal
C’est à partir de 2007 que les premiers bourgeons du mouvement reggae ont commencé à éclore au Sénégal. Ce, malgré la présence depuis belle lurette de musiciens sénégalais convaincus de ce style. Mais malgré tous les efforts consentis, la musique reggae au Sénégal s’était toujours confinée dans un cadre intimiste. Aujourd’hui, le travail mené en sourdine depuis des années par Countryman jusqu’à l’avènement de Akiboulane, est en train de porter ses fruits. Présentement, deux jeunes, dynamiques et ambitieux, ayant en commun un amour sans faille pour la musique de leur cœur, le reggae, se sont lancés à l’époque, pour relever le défi. Fafady et Nubian ont ainsi décidé de conjuguer leurs efforts et d’harmoniser leurs voix pour redorer le blason à cette musique connue, mais trop souvent cataloguée comme une musique de perdition.

C’est d’ailleurs fort de ce constat, que Nubian Mady, un jeune musicien vivant aux Etats-Unis depuis près de 15 ans et Fafady très connu au Sénégal, ont décidé de lutter pour la cause de cette musique si chère à Bob Marley. Conscients que cette tâche ne sera pas de tout repos, ces deux baye-fall parce que c’est ainsi qu’ils se réclament, dévoilent leur stratégie. D’abord, ils unissent leurs forces pour mieux positiver l’image du reggae, car étant convaincus qu’au Sénégal, les rastas sont perçus d’un mauvais œil et qu’ils sont toujours assimilés à des fumeurs d’herbe. Ils se fixent par conséquent comme objectif de faire aimer cette musique aux plus jeunes et de les pousser à accorder une grande importance à un type de reggae spécifiquement sénégalais. « Croire en soi et connaître la vraie histoire de l’Afrique à travers le reggae. » Telle était leur conviction et pour ce faire, ils ont été les premiers à vouloir donner leur chance aux jeunes talents mais également de faire venir des musiciens jamaïcains au Sénégal.

Le premier acte de ce projet avait été lancé avec la sortie de l’album de Nubian Mady War is crime dont un titre est chanté en duo avec Fafady, Blaze it up. Une série de concerts s’en est suivie, histoire de mieux véhiculer le message. Le combat pour l’émergence du reggae au Sénégal est alors déclenché avec comme élément catalyseur, la tenue d’un festival de reggae devant réunir sur une même scène Nubian Mady et Morgan Héritage.

Le Djoloff reggae, ou l'accomplissement de la prophetie
C’est au mois de septembre dernier que s’est réalisé le miracle de la renaissance du reggae au Sénégal. Bien qu’on sentait ce vent souffler à petits coups à travers les prestations et les scènes de certains artistes locaux, notamment reggaemen, tout s’est précisément relancé avec le concert donné en début d’année par Trevor Sutherland dit « I Jah Man », un des ténors du reggae jamaïcain.

Ce fut lors du premier festival de reggae dénommé « Le Djolof Reggae ». Un évènement organisé par la journaliste Mame Maty Fall, plus connue sous l’appellation « Maty trois pommes » et la structure Countryman production, qui ont réussi le pari avec un modeste budget d’environ 12 millions francs Cfa. Plus de vingt artistes avait apporté leur touche pour la réussite de cette manifestation. Duggy Tee, Fafadi, le groupe Sélébayone, Iba Gaye Massar, Sister Ouly, Takanazion de la Gambie, entre autres, ont tenu en haleine les mélomanes pendant plus de quatre heures d’horloge.

Et le grand I Jah Man avait lui aussi gratifié le public de plus de 40 minutes de show. Ce qui avait fait dire aux reggaemen sénégalais que « cette initiative est une bonne chose, car elle nous permet de gagner notre place dans la musique sénégalaise ». Un avis partagé par Mansour du groupe Makaan J qui avait déclaré qu’il perçoit ce festival comme un moyen de se faire connaître du grand public. « Nous avons besoin de ce genre de manifestations qui peut mobiliser tous les mélomanes et nous permettre de gagner une place dans leur cœur », avait également soutenu « Maty trois pommes », pour qui, « l’essentiel a été justement d’avoir mobilisé le maximum de fans pour montrer la place qu’occupe le reggae au Sénégal, même s’il a tendance à être boudé par certains. » C’est ainsi que le ton fut donné pour positiver le reggae au Sénégal. Et l’année 2008 de s’illustrer comme l’année du reggae à travers la venue successive de grandes vedettes jamaïcaines.

Après I Jah Man, c’est Morgan Heritage qui pose ses valises à Dakar. Un évènement rendu possible grâce au groupe producteur Black Emotion qui en était à l’organisation de son premier évènement culturel au Sénégal. Un baptême de feu, qui fut cependant un coup de maître, puisque l’attachée de presse du groupe, Fatima Berthé avait révélé que pas moins de 100 millions ont été dégagés pour la bonne réussite de la cérémonie.

Au menu de ce séjour convivial des frères Morgan, trois dates de concert ont été alors retenues à savoir le 16 Janvier 2008 en soirée au Théâtre national Daniel Sorano, le 19 janvier 2008 en concert au Demba Diop, le 20 janvier 2008 en Sound System au Just4U. Ces trois dates ont servi d’occasion de faire plaisir à la jeunesse sénégalaise qui s’est prise d’affection pour Morgan Héritage, ce groupe jamaïcain de renommée internationale. Un premier passage en Afrique de l’Ouest à travers lequel les membres du groupe Morgan, en l’occurrence, Denroy, David, Jeff, Lukes, Memmalatel, Ray, Pater et Una ont fait savourer « le miracle » reggae, du nom de leur premier album.

Le public sénégalais est conquis. Puis, Sean Paul et Windel Beneto Edwards, plus connu sous le pseudo Gyptian, un autre artiste jamaïcain, en profitent pour mettre leur marque dans le mouvement et signer eux aussi, leur passage à Dakar. Puis, c’est le célèbre groupe américain Midnite Band, qui se fait par la suite, l’hôte du Sénégal. Tout porte ainsi à croire que Dakar est devenu en 2008, la relève du reggae africain. L’arrivée de Midnite Band sonne comme l’apothéose de la fête du reggae à Dakar. Car, le groupe dakarois Timshel, avait déjà contribué à populariser certains de leurs titres. La venue de ces héros du reggae pur, au message « Sélassien », a été perçue comme une bénédiction pour les adeptes du rasta. De plus, le premier spectacle que le groupe a donné le 23 juillet dernier, avait été symbolique à double titre. D’abord parce qu’il a lieu à Gorée, en terre africaine, où le Midnite a effectué son « pèlerinage rêvé », mais ensuite parce qu’il coïncide avec la date commémorative de l’anniversaire de l’ancien empereur d’Ethiopie, Hailé Sélassié I, qui symbolise pour les rastas, le représentant de Dieu sur terre.

Le descendant du roi Salomon et de la reine Shabbah est d’ailleurs très présent dans la discographie de Midnite (cf l’album Unpolished). Ce grand événement reggae a été une initiative de Deftek Production en collaboration avec Sunu Gaïndé World Wide qui, ne voulant pas déroger à la tradition, a programmé ses hôtes pour des concerts à Iba Mar Diop et au Just4U.

Des moments de communion avec la fanille rasta
Richie Spice, est pour l’instant, pour cette présente année, le dernier messager du renouveau reggae au Sénégal. Le dernier de la kyrielle d’artistes jamaïcains venus booster en 2008 le reggae en Afrique et plus particulièrement au Sénégal, c’est Richie Spice. Une manifestation qui s’est tenue le 15 août dernier, en marge de la fête de l’Assomption, grâce à Open Dream Productions et Apples qui ont été les maîtres d’œuvre d’un concert live au stade Demba Diop. Un évènement qui s’est placé dans le cadre de la première édition du festival African Diaspora.

« J’ai toujours rêvé de ces grands moments de communion avec mes frères africains », avait souligné au Kocc Bi, ce jeune musicien, par ailleurs, fer de lance de la nouvelle génération d’artistes jamaïcains. Il a en outre, comme pour faire passer le message de la « révolution reggae au Sénégal », invité les jeunes du Sénégal et d’Afrique, à « plus de conscience, pour une Afrique émergente ».

« Je pratique une musique d’engagement et je suis venu dire aux jeunes du Sénégal et au-delà, ceux de l’Afrique qu’il est temps de changer le monde. Nous devons avoir un langage d’amour et d’humilité », a laissé entendre le leader du groupe 5th Element Crew. Né en 1971 à Rock Hall, en Jamaïque, dans un environnement typiquement musical, Richie Spice est un enfant de la musique. En effet, sa famille a contribué à la création d’un pan de la musique jamaïcaine, puisqu’il est le fils d’artistes respectés de St-Andrew. D’ailleurs, ses quatre frères, Pliers bien reconnu sur la scène (en combinaison avec Chaka Demus), Spanner Banner auteur du morceau Life Goes On, ainsi que le DJ dancehall Snatcha Dog, sont eux aussi des bêtes de scène. Selon une note de presse, avant de travailler avec Clive Hunt, Richie Spice avait débuté avec le producteur Dennis « Star » Hayes et il sortit un Killing a sound, pas mauvais, mais qui ne rencontra pas le succès mérité. Mais avec Clive Hunt, il sort Time so Rough et Grooving my Girl, qui sont alors ses premiers succès.

L’artiste décide alors de partir travailler avec sa sœur Bridgett sur le label Bonner Productions Ltd appartenant à son frère Pliers, où il ressortira un premier album renommé Universal signé chez Heartbeat. Dans le courant des années 90, il part en tournée avec Spanner Banner, Chaka Demus et Pliers ainsi qu’avec Rita Marley pendant sa tournée 96-97 en Europe et aux Etats-Unis. Le 14 janvier 2005, Richie Spice sort en France chez Nocturne son second album officiel Spice in your life. Un opus encensé par la critique. Car se souvient-on, le journal New-York Times l’avait considéré comme la sortie 2004, The Los Angeles Times l’a consacré comme l’un des meilleurs albums de l’année tous styles confondus et en Jamaïque, tandis que le journal The Observer avait estimé que Richie Spice est l’artiste et le chanteur de l’année. Preuve que ce musicien s’est vraiment bonifié au bout de dix années. D’après certains artistes sénégalais qui le connaissent bien, notamment Dread Maxim, « son succès actuel était déjà envisageable à l’écoute de son ancien tube Earth a Run Red’s qui est ressorti sur l’album Universal ».

Le musicien jamaïcain y avait révélé une vision très précise de son environnement, avec un langage cru et qui rend sa chanson prophétique d’une apocalypse proche. L’auteur de Earth a Run Red’s, le top du chart jamaïcain 2004 n’était-il pas venu chanter cette même prophétie au Sénégal, à travers son concert du mois d’août dernier ? Sans aucun doute. C’est en somme, lui, Richie Spice, en maître de la relance du reggae en Jamaïque, qui, à la suite de ces pairs artistes pratiquant le reggae, est venu conclure la partition de la mobilisation pour la relance du reggae au Sénégal. D’ailleurs, Dread Maxim et Xuman, avec qui, Richie Spice n’écarte pas la possibilité de réaliser des duos, l’ont bien compris.

Pour eux, le reggae sénégalais est à nouveau relancé après une période difficile. « La musique reggae a pour vocation d’unir les peuples. C’est une musique qui a toujours cultivé l’union des cœurs. Elle est contre l’injustice. Elle prône l’égalité des personnes. Le reggae a toujours cette même vocation d’unification. Il a sa partition à jouer dans cette mobilisation des ressources humaines de l’Afrique. Ce genre est écouté un peu partout en Afrique. Il peut servir à faire passer les messages. Le reggae fédère toutes les autres cultures africaines. Nous avons vu que, dans le passé, ce courant musical a joué un rôle capital dans la conquête des libertés des noirs.

Aujourd’hui encore, beaucoup de gens l’écoutent en Afrique et comme dans le reste du monde », ont-ils expliqué, reconnaissant que c’est très dur de faire ce genre musical au Sénégal. « Depuis plus de quinze ans, les jeunes se donnent à fond pour l’imposer ici. On nous demande pourquoi le reggae a du mal à exploser dans notre pays. Ces personnes reconnaissent qu’on fait du bon travail. Au Sénégal, les personnes aiment beaucoup cette musique. Nous faisons de notre mieux pour la promouvoir et après le passage de tous ces artistes Jamaïcains, nous pensons pouvoir atteindre enfin nos ambitions, malgré le véritable problème de diffusion des morceaux reggae dans nos radios et télévisions », a défendu Xuman, qui plaide également pour qu’une « bonne formule soit trouvée afin de surtout satisfaire les fans du reggae ».

Source : Le Quotidien

Où sont les 200 sites ?

Le 28 et le 29 aout 2008 les artistes se souviendront ; Khéweul.com s’est fait connaitre ; les acteurs culturels ont tous salué l’initiative. Au finish, des développeurs sont primés. Les objectifs visés sont ils atteints ? Le projet a t-il été bénéfique ? Si oui pour qui ? Les développeurs ou les artistes ? Qu’en est il des sites ? Affaire à suivre....

Trop beau pour être vrai diront certains ; un site pour chaque artiste obtenu gratuitement ; tel a été l’objectif de khéweuul.com. Les artistes se sont rués vers les locaux de cette structure sise à la rue Joseph Gomis pour se joindre au projet. Baptisé My music on line, le projet a mis en compétition des web développeurs du Sénégal et par la même donné l’opportunité aux artistes sénégalais de disposer de site web pour s’accorder au rythme actuel des ntic.

Plus de 200 développeurs ont été annoncé sur ce projet pour réaliser 200 sites en deux jours. Un site avec tout ce qu’il doit contenir peut-il être réalisé en 48 heures ? En réalité, les artistes ont massivement répondu à cet appel mais le nombre de web développeurs escompté n’est pas atteint. Raison pour laquelle beaucoup d’artistes se sont retrouvés sans web développeur. Divisé en trois équipes une au campus numérique francophone de dakar (cnfd), une à l’école supérieure multinationale des télécommunications, une au centre de calcul de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar ; les web développeurs en présence des artistes se sont mis au travail chacun espérant remporter le premier prix.

La plupart des artistes ont déploré le favoritisme à l’endroit des grosses pointures (Baba Maal, Titi, Yandé Codou, Samba Diabaré Samb etc...) de la musique sénégalaise au détriment des nouveaux talents. « Les développeurs pensent que s’ils ne réalisent pas le site de Baba Maal ou Titi ils ne pourront rien gagner » me dira un artiste qui s’est retrouvé sans site. Deux cent sites ou deux jours sans site ? En tout les cas essayez d’ouvrir le site de Doudou Ndiaye Coumba Rose ou de Titi qui a obtenu le premier prix vous vous rendrez compte qu’il reste beaucoup à faire. Je ne citerai que ceux là.

La cérémonie de clôture tenue au méridien président a regroupée tous les artistes participants au projets ainsi que les représentants du ministère de la culture et des structures partenaires. L’initiative est saluée de tous mais l’objectif n’est pas atteint car les deux cent sites ne sont pas tous navigables. De même du point de vue technique on constate que les réalisateurs de sites n’ont pas fait preuve de créativité dans la conception. « Le site en ligne que j’ai ouvert est celui de Titi (interro_liens_callback) et le constat que j’ai fait est que les développeurs ont utilisé des templates c’est à dire des modèles déjà élaborés, disponibles sur le net » me dit un web designer professionnel. Ce qui nous amène à poser la question de savoir si la créativité est réellement primée ? Les organisateurs me diront c’est et la technicité, et la qualité du site, et l’agencement des informations etc, etc....

Au Sénégal force est de constater que les initiatives, le savoir faire, les projets ne manquent pas. Seulement on fait tout à moitié, surtout que l’amateurisme est présent dans tous les domaines ; ouvrons les yeux et arrêtons de nous mentir. Nous devons parer au gap numérique afin de promouvoir notre musique seulement un site mal fait montre une image négative de l’artiste.

Ce n’est pas sérieux. Stop au culte de la médiocrité.

Source: Seneclash

La révolution par le bas : l’intrusion du mouvement Hip-Hop au Sénégal

Quand les jeunes donnent le la, pour qui sonne le glas. On considère souvent, à tort, que les sociétés africaines étaient des modèles achevés d’immobilisme, d’où le changement social était quasiment exclu.

On considère souvent, à tort, que les sociétés africaines étaient des modèles achevés d’immobilisme, d’où le changement social était quasiment exclu. Or, la force de ces sociétés résidait, entre autres, dans leur capacité à ménager adroitement des dispositifs d’expression de la différence et des troubles sociaux liés immanquablement à la vie de toute communauté humaine. Sous différentes formes, des sociétés africaines ont su gérer les remous sociaux.

Mais ces dispositifs sont, aujourd’hui, soit considérablement affaiblis, soit ont tout bonnement disparu. Et les sociétés africaines, en général, la société sénégalaise en particulier, éprouvent des difficultés considérables à les revitaliser face aux défis de la modernité qui pose des questions d’une grande acuité. Cette société sénégalaise a un grand mal à faire face à ces défis. Les jeunes, perdus dans cette fragilisation des institutions qui les accompagnaient dans la socialisation, tentent de combler ce vide créé par la crise, de se trouver eux-mêmes des réponses, d’être en quelque sorte des adultes avant l’âge.

Le Hip-Hop est apparu comme une de ces tentatives de réponse. D’abord, « affaire de branchés », confiné dans cette phase d’implantation primaire dans les quartiers chics (au début, c’étaient surtout les jeunes de ces quartiers qui avaient accès à la télévision câblée, aux cassettes vidéos, qui voyageaient ou qui avaient des proches qui voyageaient…), contrairement à ce qui s’est passé aux Etats-Unis d’Amérique, il s’est popularisé par la suite, se répandant dans tous les quartiers, toutes les régions du Sénégal. Même s’il est vrai qu’il n’a pas toujours été ici un mouvement engagé – il faut le reconnaître – il reste tout autant vrai qu’il est devenu, par la suite, un véritable système culturel, porteur de toute une série d’aspirations pour un Sénégal et, au-delà, un monde autres. Conscients des possibilités de réalisation, d’affirmation de soi et de représentation qu’offre cette culture, les jeunes se l’ont approprié pour en faire un mouvement engagé.

Ils ont démontré que ceux qui avaient prédit la mort prématurée du Hip-Hop, considéré alors comme une mode puérile, éphémère, soit une fad (il y a eu notamment le smurf) qui allait vite disparaître, se sont lourdement trompés. Face au malaise, à l’anomie sociaux, les bboys et bgirls (adeptes, respectivement garçons et filles, du Hip-Hop) ont réagi en développant une culture à la fois contestataire et constructive. Culture issue de la rue, le double « h » met en scène plusieurs branches dont on retient habituellement les suivantes : DJing, MCing, Street Dance, Writing (KRS 1, « The Blastmaster », a identifié jusqu’à 9 branches : « Breaking, emceeing, graffiti art, deejaying, beatboxing, street fashion, street language, street knowledge and street entrepenurialism » Cf. Hip-Hop Knowledge, 2001.

Entre la sortie de Rapper’s delight (1979) de Sugarhill Gang, et surtout celle de The message (1982, GrandMaster Flash & The Furious Five) aux Etats-Unis, de Rapattitude en France (1990), de Tebeul ma teup (1991, MC Lida), et de Bagn bagn beug (PBS, 1992) ou Boul Falé (PBS, 1993), le Hip-Hop a fait du chemin. Ainsi, le bboy sénégalais a gêné considérablement le Sénégal conformiste en manifestant son appartenance à cette culture. Les bboys ont instauré effectivement une série d’attitudes et de postures inhabituelles (avec les check down, casquette de base-ball renversée, sneakers, baggy, ...). Ils ont alors été très vite catalogués comme des égarés victimes d’une imitation de la culture noire américaine.

En réalité, le problème est bien plus complexe qu’une simple imitation ou effet de mode passagers. Invité dans le Queens (New York City) en novembre 2007, à un panel sur « Hip-Hop and Globalization » avec des heads comme Chuck D, Kool Herc…, j’ai vu que certains panélistes avaient déclaré que le Hip-Hop était, désormais, plus vivant hors des Etats-Unis (Afrique, Europe, Japon…) qu’à l’intérieur. De fait, les bboys sénégalais touchent à des préoccupations fondamentales relatives à l’orientation et aux principes d’organisation de la société sénégalaise, en s’intéressant à des domaines sensibles tels que la politique, la religion, les normes sociales, les inégalités, la solidarité, la tricherie sociale collective… Loin d’être nihiliste (le Hip-Hop propose), ni forcément sectaire (les bboys réclament leur appartenance à la société, même si celle-ci marche mal, selon eux), le moove se présente comme un système de vie qui ne se contente pas que de contester l’ordre social existant, mais qui propose parallèlement un contre-projet alternatif orienté vers une ouverture réfléchie à une « culture-monde ».

Bien sûr, le Hip-Hop, au-delà de certaines constantes qui en font bien un mouvement universel, présente aussi des spécificités locales qu’on peut, du reste, disséquer encore. Il y a des points communs, mais aussi bien des différences entre le rap d’un Pinal Gang et celui d’un Nix, entre Canabass et Dencukayou kang, Awadi et Tipe Laye, Daddy B et les MT Kro, ces dernières et les Last Klan Family…

Le Hip-Hop n’est pas non plus un système culturel parfait, ni uniforme. Il n’est pas question de le déifier. En effet, on y retrouve des oppositions ou des nuances (Capsi, i.e. la Sicap ou Town vs Royethia, i.e. Thiaroye ; ou Wayeguédia, i.e. Guédiawaye ou Kinepi, i.e. Pikine ; real/fake ; 1/2ground/commercial ; East/West…), des remises en questions de fond (le doctrinarisme de PE, le militantisme de Dead Prez, …) des « événements » externes (« l’ère Booba » en France, l’arrivée de la Crunk, le règne du Dirty South avec Lil Wayne, T.I. etc., internes (Boul ma dioylo en 1996, Ku weet xam sa bopp en 1998, Nit Doff et ses rafales de AK 47 verbales depuis 2007…) de différents types. On y voit aussi bien des partisans du bling bling (bijoux) ou des crossover (artistes transversaux) que lesdits backpackers (puristes plus ou moins) comme Buckshot de BCC, Shaheed du Sul Suly Clan ou Undaclando de Alien Zik…

Dans tous les cas, même si chacun peut avoir un avis différent sur ce qui serait le « real Hip-Hop », il convient de voir la réalité telle qu’elle est véritablement constituée : c’est-à-dire que le Hip-Hop a été, et est encore un mouvement pluriel. Néanmoins, il demeure fondamentalement un terreau de créativité et d’expression des jeunes, un espace d’engagement et d’affirmation qui introduit une certaine forme de liberté sous contrôle dans les modèles d’existence possibles, qui marque un droit à la différence. Dans un extraordinaire déploiement d’énergie des Dj, tels que Gee Bayss qui « réinventent » la musique (scratch avec Grand Wizard Theodore, beat juggling avec Steve Dee, turntablism avec Babu…), des writers comme Mizerables Graff, Graffix ou Docta, qui redéfinissent l’espace (par leurs whole car, wild style, top to bottom, perso…), d’un breaker (toprock, uprock, footrock…) tel Rodrigue et/ou du Topdancer (Locking, popping, …) qui recréent une nouvelle esthétique de la danse, du MC qui refond la narration en filmant et en racontant le monde, crûment, telle une caméra cachée, le Hip-Hop s’impose progressivement comme un système culturel avec lequel il faut compter, ailleurs comme au Galsen (Sénégal).

Extraits revus tirés principalement de 4 travaux de l’auteur (« Preaching Music and Islam : a Secular Mediation of Religious Communication ? The Case of Rap and Mbalax Music in Senegal », communication présentée à Abuja (Nigeria), juillet 2008, à Evanston et Piscataway (USA), octobre-novembre 2007 ; « Bboys : Hip-Hop culture in Dakar, Sénégal » in Nilan, P. & Feixa, C. (eds), Global Youth ? Hybrid identities, plural worlds, Routledge, 2006 ; Les jeunes « bboys » de Dakar dans un contexte de redéfinition du rapport social : étude de la production du sens, des facteurs d’insertion/intégration, selon une perspective constructiviste et une approche de la complexité (2003) ; Etude interdisciplinaire du rap à Dakar à travers une approche de la complexité : entre mouvement social et groupe primaire (2001).

Abdoulaye NIANG - octorant en sociologie chargé de cours à l’Ugb de Saint-Louis / elzoniang@hotmail.com

Source : Le Quotidien

 
{http://www.leboytown.blogspot.com/}.